Immobilier : Nantes au défi d’une attractivité galopante

Trois naissances en trois ans, une habitation disposant simplement de deux chambres, des parents éloignés et la crise liée au Covid-19 pour parachever le tableau : il n’en fallait pas plus pour que Philippe, cadre en congé parental, et sa femme, Alicia, qui travaille dans les ressources humaines, décident de quitter leur appartement avec jardin à Versailles (Yvelines). « On a fait le choix d’accélérer notre projet visant à privilégier notre vie de famille, et donc de partir », énonce Philippe, 35 ans.

Le récit relève presque du stéréotype, version agréablement « nantie ». Le couple a troqué un appartement de 90 m2 – amenuisé de 13 m2 après la création d’un studio loué par le biais d’une plate-forme communautaire – pour poser ses valises en août dans la proche banlieue de Nantes (Loire-Atlantique). Dès le mois de décembre, la famille emménagera dans une maison de 175 m2, dotée de cinq chambres et d’un terrain de 1 400 m2, à La Chapelle-sur-Erdre, à trois kilomètres de Nantes.

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Opération gagnante sur toute la ligne : même si les prêts restent à rembourser, le couple a vendu son bien versaillais au-dessus du million d’euros et concrétise un investissement deux fois moindre en pays nantais. « En région parisienne, si on avait voulu une chambre supplémentaire, il aurait fallu s’excentrer de manière importante, commente Philippe. On a décidé de tout quitter pour venir goûter à une qualité de vie beaucoup plus intéressante. » Pour trouver le logement cadrant avec leur budget, Alicia a épluché les annonces. « On a fait une proposition quelques heures après avoir visité notre future maison. Si on avait hésité un peu, l’affaire aurait été sans doute pliée, car il y avait de la concurrence. »

« Proximité du littoral »

Le phénomène de « migration parisienne » n’a rien de nouveau, note Stéphane Mauny, directeur d’une agence AJP Immobilier à Nantes. Il était déjà patent avant la crise sanitaire « en raison du dynamisme de la ville, de la proximité du littoral et de la liaison TGV avec Paris ». Si le nombre de clients en provenance d’Ile-de-France a « un peu augmenté » au sortir du premier confinement, à la mi-mai 2020, les transactions négociées ne sont pas l’apanage d’acheteurs fuyant la capitale. « Les gens qui viennent habiter dans la métropole sont originaires à plus de 50 % du département », fait valoir Pascal Pras, vice-président de Nantes Métropole.

Bien que freiné par la crise, le programme local de l’habitat de la métropole entend amortir les effets pervers de la demande exponentielle

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