Immobilier : sous l’effet du Covid, la ville s’évade lentement vers la campagne

Le marché immobilier semble avoir déjà effacé la crise, oublié les confinements et rattrapé la baisse du nombre de transactions essuyée en 2020. L’année 2021 devrait même, selon les notaires et l’Insee, battre des records, à voir les 1,155 million de transactions réalisées au 30 juin 2021 sur douze mois glissants, soit une accélération par rapport aux trois premiers mois de l’année.

Selon l’indice Notaires-Insee du deuxième trimestre, publié ce 9 septembre, les prix suivent le mouvement, eux aussi en hausse de 5,9 % en moyenne sur la France entière, tirés par les maisons (+ 6,9 %) plutôt que par les appartements (+ 4,6 %), et par la province (+ 7 %) plutôt que par l’Ile-de-France (+ 3,1 %). Et en province, les zones rurales et les villes de moins de 10 000 habitants tiennent la dragée haute au marché, avec une progression moyenne des prix de 7,2 %.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Immobilier : le grand retour du pavillon

De trimestre en trimestre, depuis 2020, la géographie du marché immobilier bouge. Certains centres de grandes villes ont moins la cote, les prix s’y stabilisent, comme à Toulouse (– 0,3 %, selon MeilleursAgents), Nice (+ 0,5 %), Bordeaux (+ 2,2 %) et bien sûr Paris (– 0,2 %). L’activité s’installe là où on ne l’attendait plus, permettant même d’espérer une revivification de certaines cités endormies, comme Brest, Reims, Angers et Orléans, où il n’y a plus rien à vendre.

Marché régional entraîné

« Des villes de l’est de la Seine-et-Marne, Meaux, Coulommiers, Provins, voient arriver des Parisiens qui achètent des maisons vides depuis dix ans, constate Me Christian Godard, notaire à Claye-Souilly (Seine-et-Marne). Mais y aura-t-il un ressac ? Resteront-ils à la campagne lorsque leurs enfants, devenus grands, voudront suivre des études supérieures ou lorsqu’ils verront qu’il y a de moins en moins de commerces et peu d’événements culturels ? », ajoute-t-il. « Les curseurs ont bougé : les acheteurs choisissent l’espace, veulent plus de mètres carrés, dans des maisons, même s’il faut renoncer à la proximité des transports », selon Marc Friedrich, notaire à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Immobilier : avec la crise sanitaire, les régions prennent leur revanche sur Paris

« Dans le rural, nous distinguons trois types de zones, détaille Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents. Les secteurs de résidences secondaires, soit des communes où elles comptent pour plus de 20 % de l’ensemble des logements et où elles sont, d’ailleurs, de moins en moins secondaires. Leurs propriétaires y passent bien plus de temps que les seules vacances, et les télétravailleurs ont même l’intention d’y résider la moitié de l’année. Leurs prix bondissent de 9,4 %. Dans le rural profond, qui ne subit pas ces tensions, les prix restent sages et la hausse limitée à 1,7 %. Enfin, dans le périurbain, sous l’influence d’une métropole, les prix des logements s’envolent et ont, en moyenne, gagné 9,7 % entre septembre 2020 et septembre 2021 », résume-t-il.

Il vous reste 42.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.