Insécurité : les habitants d’Ile-de-France ont de moins en moins peur

Des policiers en patrouille près du grand magasin Le Printemps, à Paris, le 31 janvier 2021.

La délinquance recule dans de nombreux domaines, et les habitants d’Ile-de-France ont de moins en moins peur. Telle est la conclusion d’une enquête approfondie dévoilée jeudi 21 octobre par l’Institut Paris Région, un organisme d’études qui dépend du conseil régional. Un résultat plutôt inattendu, alors que le thème de l’insécurité figure en bonne place dans la précampagne présidentielle, et qu’une partie de la droite évoque de façon récurrente la montée de la délinquance dans la première région française, ainsi que la nécessité d’y répondre de façon plus ferme.

Depuis 2001, l’Institut Paris Région mène tous les deux ans une lourde enquête sur les atteintes réelles aux personnes ou à leur foyer, et le sentiment d’insécurité en Ile-de-France. Cette année, quelque 8 000 habitants de plus de 15 ans ont été interrogés dans ce cadre, en janvier et février 2021. Les premiers résultats montrent un net tassement des faits dont sont victimes les Franciliens, et une diminution des inquiétudes. Un apaisement lié en partie à la pandémie de Covid-19 et aux confinements, qui ont réduit l’activité des délinquants.

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Seuls 45 % des Franciliens interrogés en janvier et février déclarent par exemple avoir peur à titre personnel, contre 47,7 % en 2019. La part des habitants sujets à ce sentiment revient ainsi au même niveau qu’en 2017, c’est-à-dire au point le plus bas enregistré depuis le début de l’enquête. En 2001, près de 54 % des habitants affirmaient avoir parfois personnellement peur. La proportion de ceux qui éprouvent ce sentiment dans les transports est tombée à 38 %, là aussi un plus bas depuis 2001. De même, les personnes interrogées qui redoutent de sortir seules le soir dans leur quartier ne sont plus que 19 %, contre 29 % en 2001.

« Les Franciliens ont aussi moins tendance à mentionner des problèmes de propreté des rues, d’éclairage ou encore d’entretien des bâtiments et des espaces verts, de présence de bandes de jeunes gênantes, de vandalisme, et de drogue », relève la note publiée jeudi.

La politique joue un rôle non négligeable

Les habitants de Paris et de sa banlieue ont de bonnes raisons de se sentir moins en danger. En vidant la région de ses touristes et en cantonnant souvent les habitants chez eux, la crise sanitaire a freiné la délinquance. A Paris, par exemple, les atteintes aux personnes ont reculé de 16 % en 2020, et celles aux biens, de 27 %. Les vols à la tire ont même chuté de 30 %, tandis que les vols à main armée ont plongé de 39 %.

Cette accalmie se reflète dans les propos des personnes sondées par l’Institut Paris Région. Ainsi, seuls 32 % des ménages interrogés indiquent avoir été victimes d’une atteinte envers leurs biens au moins une fois au cours des trois dernières années. Ils étaient 39 % deux ans plus tôt. Le mouvement de baisse « vaut pour la plupart des catégories d’atteintes », notent les experts de l’Institut, citant les vols avec ou sans violence, les dégradations de voiture, etc. Seule la hausse des agressions sexuelles se confirme.

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