Jazz déconfiné : la sélection musicale du « Monde Afrique » #76

Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, rendez-vous en terres de jazz, entre la France et le Cameroun, avec la chanteuse Sandra Nkaké et les bassistes Etienne Mbappé et Raymond Doumbé.

« Nineteen », de Tribe From the Ashes

Nombreux sont les artistes à avoir profité des épisodes de confinement liés au Covid-19 pour s’unir malgré la distance et créer des projets novateurs. Parmi eux, le collectif Tribe From the Ashes (« la tribu des cendres »), qui, tel un phénix, est né sur les ruines de la pandémie à l’initiative de la chanteuse franco-camerounaise Sandra Nkaké, 47 ans, et du flûtiste français Jî Drû. Autour d’eux se sont agrégés une quinzaine d’artistes de jazz de la scène hexagonale, dont la chanteuse Marion Rampal, le saxophoniste Thomas de Pourquery, la batteuse Anne Paceo… Leur album, libérateur, est dans les bacs depuis le vendredi 15 octobre.

« Samaah Xarit », de NEC +

Le même jour est paru le premier opus d’un autre groupe de jazz, NEC +, fondé par le bassiste camerounais Etienne Mbappé avec les Français Nicolas Viccaro (batterie) et Christophe Cavero (piano, claviers, violon). Avec ce Time Will Tell, le trio né en 2019 sur la scène du Baiser salé, à Paris, livre un jazz intimiste parfois rehaussé de rythmes africains – comme sur le morceau Samaah Xarit (« mon ami », en wolof), dédié au bassiste sénégalais Habib Faye, mort en 2018 à l’âge de 52 ans. Etienne Mbappé, lui, en a 57 et, toujours ganté de noir, a collaboré avec les plus grands, dont Ray Charles, Jacques Higelin et Manu Dibango.

« Song for Makeba », de Raymond Doumbé

Lui aussi joue de la basse et lui aussi s’est illustré au côté de « Papa Manu ». Après avoir accompagné Miriam Makeba (à qui il dédie une chanson, Song for Makeba), Mory Kanté ou Salif Keïta sur les scènes internationales, le Camerounais Raymond Doumbé, 66 ans, a enfin fait paraître un disque sous son nom, début septembre : Hidden Paradise. Un « paradis caché » en huit titres, fruit des ses rencontres parisiennes (où il vit depuis 1976) et de ses influences entre blues, afrojazz et makossa, qui rassemble une quinzaine de musiciens et choristes… et qu’il était plus que temps de révéler au monde du jazz.

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