Jazz et vin, le duo de l’été

Lisa Simone, dans le cadre du festival Jazz à l'Hospitalet, dans le Langudoc, en juillet 2019.

Quelle musique privilégier avec un verre de vin ? Death metal ou merengue, à chacun ses goûts. Dans les vignobles, toutefois, le jazz s’impose. Il est de tous les concerts. Dans le Languedoc, la vallée du Rhône comme dans le Bordelais, la période estivale multiplie les scènes au milieu des ceps et des domaines.

« On est complet. Comme à chaque édition depuis dix ans. » Malgré le manque de visiteurs étrangers (Covid oblige), Gérard Bertrand n’est pas surpris du succès annoncé. Pour la 17e édition de son Jazz à l’Hospitalet, le vigneron languedocien a multiplié les têtes d’affiche : Ibrahim Maalouf, Kendji Girac, Zucchero, Thomas Dutronc, Yuri Buenaventura. Du 20 au 24 juillet, ils joueront dans la cour du château de l’Hospitalet, entre Narbonne et la mer Méditerranée.

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Chaque soir, 1 400 spectateurs. Le lieu est devenu une référence du jazz pour avoir accueilli, les précédentes années, quelques monstres sacrés, Norah Jones, Johnny Clegg, Michel Jonasz, Diana Krall, Dee Dee Bridgewater, Maceo Parker, entre autres. Les paysages de vigne et le bon vin dans les verres sont des atouts convaincants. D’ailleurs, Zucchero a maintenu son rendez-vous, alors qu’il a annulé le reste de sa tournée française. Le fait est qu’il possède lui-même un domaine viticole, en Toscane.

Médaille d’or des Trophées 2020 de l’œnotourisme dans la catégorie « art et culture », le château l’Hospitalet a pourtant démarré doucement, avec seulement 30 spectateurs en 2004. « La renommée du festival a explosé quand j’ai décidé d’améliorer la programmation, mais aussi l’organisation des dîners avant le concert, constate Gérard Bertrand. Je sers désormais les meilleurs vins de mes vignobles, en accord avec la cuisine d’un grand chef. »

Une expression qui vient du plus profond

On est en effet loin de l’ambiance pique-nique à l’Hospitalet. « Même si les convives sont nombreux, le dîner doit être de grande qualité, précise le vigneron. Chacun goûte six vins, qui doivent être servis à la bonne température. Nous travaillons sur l’adéquation des terroirs, avec une fiche technique pour chaque verre afin que les invités puissent en parler. » A 21h30, le dîner laisse la place au concert, devant le mur du château afin de créer l’acoustique idéale.

Le jazz est une évidence pour Gérard Bertrand. C’est la musique qu’il préfère. Et elle s’accorde aux grands vins : « Pour moi, le terroir est à la viticulture ce que le jazz est à la musique, une expression qui vient du plus profond. Il y a de nombreux courants dans le jazz, manouche, funk, Nouvelle-Orléans… tout comme le terroir varie selon qu’il est composé de galets roulés, de calcaire ou de tuffeau. En fonction de ses origines, de sa culture, on aime différents jazz, différents vins. »

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