« Je n’aurais manqué ça pour rien au monde » : les fans de Johnny Hallyday rassemblés à Paris, quatre ans après la mort du chanteur

Laeticia Hallyday devant la plaque de l’esplanade Johnny-Hallyday, à Paris, le 14 septembre 2021.

Inauguration d’une esplanade, grand concert à Bercy, des fans venus de très loin… Une journée d’hommage à Johnny Hallyday a eu lieu à Paris, mardi 14 septembre, quatre ans après la disparition du chanteur.

« Je suis venue spécialement d’Issoire en Auvergne, je n’aurais manqué ça pour rien au monde », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Monique Charrade, 53 ans. Cette journée a été marquée par plusieurs temps forts, dont l’inauguration de l’esplanade Johnny-Hallyday, sur le vaste parvis devant Bercy, avec une plaque dévoilée en présence de Laeticia Hallyday, la veuve du chanteur, et d’Anne Hidalgo, maire de Paris.

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« Johnny aurait été si fier » de voir son nom « ancré pour toujours dans le sol de Paris », a déclaré Laeticia Hallyday. « Johnny est toujours parmi nous. (…) Notre souhait était d’offrir un lieu en France où tous les fans pourraient venir se recueillir sans se rendre de l’autre côté de l’Atlantique », a ajouté Anne Hidalgo – le chanteur a été enterré sur l’île de Saint-Barthélémy, aux Antilles.

L’œuvre du plasticien Bertrand Lavier, intitulée « Quelque chose de… », offerte par la galerie Kamel Mennour à la Ville de Paris et inaugurée mardi 14 septembre.

« On aura enfin un lieu pour se retrouver entre fans de Johnny, se réjouit Véronique Berson, commerçante à Grandrieu (Lozère). Ça méritait bien de faire 600 kilomètres, on l’attendait depuis longtemps, cet hommage ! » Un concert de courte durée s’est déroulé dans la matinée devant Bercy avec les cinq derniers musiciens de Johnny Hallyday, dont Yarol Poupaud (guitariste) et Yvan Cassar (metteur en son des albums symphoniques). Ils se sont produits sous une tente transparente, en raison de la pluie.

Quelque 150 bikeurs sur leurs motos étaient également présents. Certains d’entre eux avaient escorté le cercueil de Johnny jusqu’à la Madeleine le 9 décembre 2017, lors de ses obsèques. La salle parisienne de Bercy et ses alentours n’ont pas été choisis au hasard : le rockeur y a donné 101 concerts. Le métro s’était lui aussi mis à l’heure de Johnny. Le temps d’une journée, la station Bercy a été rebaptisée par la RATP Bercy-Johnny.

« Quelque chose de… »

Une œuvre du plasticien Bertrand Lavier intitulée Quelque chose de…, allusion au célèbre tube du chanteur, a été dévoilée au public : la statue, haute de 6 mètres, est composée d’un mât en forme de manche de guitare, avec au sommet une Harley Davidson, qui a appartenu à Johnny. Une représentation « figurative » de la star, selon son créateur, contestée par les écologistes parisiens, mais finalement approuvée par le Conseil de Paris.

Les festivités se poursuivaient en milieu de journée avec l’inauguration du Johnny’s Bar, bar éphémère géré par l’Accor Arena et dédié au chanteur disparu. On pourra y voir, entre autres, une guitare et un costume de scène de l’artiste prêtés par Laeticia Hallyday.

Des fans de Johnny Hallyday sur l’esplanade qui porte désormais son nom, à Paris, mardi 14 septembre 2021.

A 21 heures, sur la scène de Bercy, débutera le concert « Johnny Hallyday que je t’aime », devant 10 000 fans et en direct sur France 2. Organisé par sa veuve, ce spectacle aligne des têtes d’affiches (Florent Pagny, Patrick Bruel, Catherine Ringer, Louis Bertignac, Calogero, Gaëtan Roussel, Patrick Fiori, Julien Doré…) La voix du chanteur résonnera dans la salle parisienne avec quelques titres tirés d’archives. Ni David Hallyday ni Laura Smet, les deux premiers enfants de Johnny, ne participeront à cette fête.

A l’approche du quatrième anniversaire de la mort du chanteur, survenue dans la nuit du 5 au 6 décembre 2017, les chansons de Johnny continuent de vivre : l’Acte II de ses grands titres en version symphonique vient de sortir. Le premier opus s’était écoulé à plus de 500 000 exemplaires et ses titres ont du succès jusque sur les plates-formes de streaming musical. « Johnny, chez nous, c’est plus de 10 % tous les ans. En janvier 2018, il avait 70 000 followers [abonnés]. A l’été 2021, 800 000. 47 % ont entre 18-34 ans », souligne auprès de l’AFP Nicolas du Roy, directeur éditorial de Spotify.

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Le Monde