« Je ne sais pas ce que je vais mettre, j’ai pris 8 kilos pendant le confinement » : les revenants du Festival de Cannes

L’arrivée des invités au Palais des festivals, à Cannes, lors d’une édition largement réduite du festival, le 27 octobre 2020.

Chaque année à la même saison, les professionnels de la profession se rendent à Cannes avec des agendas qui semblent copiés sur l’édition précédente. Rendez-vous avec les mêmes gens, projections, dîners, fêtes et autres rituels aux mêmes heures et dans les mêmes lieux. Et voilà que tout est bousculé : calendrier, météo, invités, protocoles… Les pros de Cannes voient arriver ce festival pas comme les autres avec une curiosité presque gourmande, intrigués par cet emploi du temps inhabituellement peu rempli. Avec si peu de rendez-vous prévus, cela signifie-t-il qu’ils pourront aller voir des films ?

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A quoi on les reconnaît

Ils sont très contents de revenir à Cannes. Ils ne se sont pas vus depuis la dernière Mostra de Venise, en septembre. Ils ont appelé l’organisation du Festival pour savoir à quel point les demandes d’accréditations avaient baissé, puis se sont demandé ce qu’ils feraient de la réponse si elle était honnête. Ils disent que « le public ne sera pas le même » mais ne portent pas de jugement. Pas plus qu’ils ne s’interrogent sur la présence, au sein du jury, de Mélanie Laurent, actrice et réalisatrice concernée, ni sur celle de Mylène Farmer.

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Comment ils parlent

« Il n’y aura pas d’Asiatiques, ni de Sud-Américains, peu de Nord-Américains. En fait, on sera entre Européens. Enfin sans les Anglais, ni les Allemands. » « Je ne sais pas ce que je vais mettre, j’ai pris 8 kilos pendant le confinement. » « J’essaie de trouver un rendez-vous pour ma deuxième dose à Saint-Raphaël. » « Il paraît que les demandes d’accréditation des pros sont en chute libre, on aura plus de temps pour voir les gens. » « Les restaurants nous attendent avec impatience. » « Pour les fêtes, il faudra être un peu modeste. » « En mai 1968, le Festival avait aussi une drôle d’ambiance et ne s’était pas terminé. Là, peut-être qu’il suffirait aussi d’un variant Gamma pour que ça s’arrête avant la fin… » « J’attends de voir Mylène Farmer à l’aïoli du maire. »

Leurs grandes vérités

Tout est inversé, cette année. D’habitude, ce sont ceux qui s’y prennent tôt qui bénéficient des meilleurs tarifs. Là, ce sont les oiseaux de dernière minute qui profitent des prix bradés à cause des annulations. Ce Festival marquera la revanche des femmes sur les hommes. D’ordinaire, elles grelottent en robe découverte au mois de mai tandis que les hommes rayonnent en smoking : avec une montée des marches en juillet, ils ruisselleront dans leur costume par 35 °C quand les femmes pourront s’aérer. En général, il y a des réalisateurs et des actrices dans le jury, ça fait du bien d’avoir des réalisatrices et des acteurs.

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