Jean-Baptiste Djebbari : « Sur la route et le rail, nous avons rattrapé les errances du passé »

Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux transports, à la sortie du conseil des ministres, à Paris, le 25 août 2021.

Quel bilan pour la politique transport de l’équipe Macron, à sept mois de la fin du quinquennat ? Le président avait commencé son mandat avec une promesse forte de réforme du ferroviaire : pause dans les chantiers de nouvelles lignes à grande vitesse (LGV), assortie d’une nouvelle priorité donnée aux transports du quotidien, urgence de la modernisation des infrastructures existantes et transformation profonde de la SNCF.

Le Covid-19 est venu percuter les certitudes et les trajectoires financières. Il a contraint l’Etat à mettre la main à la poche pour renflouer Air France et l’automobile, qui ne figuraient pas comme prioritaires dans le programme du candidat Macron. L’exécutif a déboursé 4,7 milliards d’euros de son plan de relance de septembre 2020 afin de soutenir la SNCF, qui flanchait aussi. Quant à la fameuse pause, elle n’aura pas duré plus de trente mois, les projets de LGV refaisant surface depuis que Jean Castex dirige le gouvernement.

Le Monde a rencontré Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux transports, qui a succédé à Elisabeth Borne à l’automne 2019. Il défend le bilan de la majorité sur les terrains-clés que sont la pérennité des infrastructures essentielles et la décarbonation du transport des hommes et des marchandises.

  • Infrastructures

C’est le sujet numéro un de l’action régalienne. Mais, à l’approche de la fin du mandat, beaucoup d’experts considèrent que, sur les rails comme sur la route, le compte n’y est pas. « Nous avons rattrapé les errances du passé, répond M. Djebbari. Nous avons assaini la SNCF avec la reprise de 35 milliards d’euros de dette et mis 50 % de plus d’argent sur le réseau ferroviaire existant que lors des quinquennats précédents. Mais le retard est tel qu’on n’aura pas d’amélioration systémique de la robustesse avant 2025. C’est un travail de mineur de fond et il peut être frustrant d’engager autant d’argent et de ne pas pouvoir en apprécier le résultat avant des années. »

« Sur la route, c’est un peu le même sujet, poursuit le ministre. On est parti d’un niveau d’investissement de 700 millions d’euros par an, ce qui était insuffisant. On a engagé, là aussi, le rattrapage et inscrit dans la loi d’orientation des mobilités 1 milliard d’euros par an correspondant aux recommandations des experts. »

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Le ministère met en avant la résolution en cours du problème des petites lignes ferroviaires en cours de dégradation : un programme de 7 milliards d’euros dans les dix ans pour réhabiliter, avec les régions, 9 000 kilomètres de voies ferrées de campagne. « Au 1er juin 2021, soit un an après le démarrage de la démarche, huit régions ont signé pour près 6 500 kilomètres et 5 milliards de financement. A la fin du quinquennat, 1 500 kilomètres auront été régénérés », détaille le ministre.

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