Jean Castex annonce une « indemnité classe moyenne » pour préserver le pouvoir d’achat

Aux pompes à essence de l’hypermarché Edouard Leclerc, à Dijon, le 19 octobre 2021.

Une « indemnité classe moyenne » pour répondre à la grogne qui couve depuis plusieurs semaines autour du pouvoir d’achat. Confronté depuis la fin de l’été à une flambée des prix de l’essence, qui approchent ces jours-ci de niveaux historiques, le gouvernement a choisi de faire un pas de côté et d’annoncer une mesure à spectre large, plutôt qu’un geste ciblant spécifiquement la question des carburants, comme initialement envisagé.

Cette « indemnité inflation de 100 euros » sera « versée aux Français gagnant moins de 2 000 euros net par mois » a annoncé le premier ministre Jean Castex, jeudi 21 octobre au journal de 20 heures de TF1, exactement trois semaines après être venu présenter un « bouclier tarifaire » destiné, déjà, à contenir les prix de l’électricité et du gaz. Il s’agira d’une « indemnité classes moyennes », a -t-il corrigé, indiquant que le plafond retenu correspond au salaire hexagonal médian (1,6 smic). Versée sans qu’aucune démarche ne soit requise, elle ne sera soumise ni aux cotisations sociales ni à l’impôt sur le revenu.

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Ce dispositif s’adressera aux « gens qui travaillent », « qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler » mais aussi aux « indépendants, chômeurs en recherche d’emploi et aux retraités. » Soit au total quelque 38 millions de personnes. Un dispositif « automatique, juste et efficace », a assuré le locataire de Matignon, qui ne cible donc plus uniquement les automobilistes, mais un ensemble de ménages sur des critères de revenus. « 85 % des Français ont une voiture », a insisté le premier ministre, rappelant que l’inflation ne concerne « pas que l’essence ». Le montant de 100 euros a néanmoins été calculé à partir du « surcoût pour un travailleur qui fait 14 000 km par an », soit 80 euros, « plus l’inflation sur d’autres biens » justifie-t-on à Matignon. Le chèque sera payé directement par les entreprises à leurs salariés en décembre, et compensé par l’Etat, mais probablement en janvier pour les agents du public, et avec la pension de février pour les retraités.

Multiplication des annonces

Depuis la rentrée, l’exécutif est confronté, dans le sillage de la reprise économique mondiale consécutive à la crise du Covid-19, à une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité – en premier lieu l’énergie mais aussi certaines denrées agroalimentaires. Il s’attend en outre à un renchérissement de certains contrats comme les complémentaires santé. Selon l’Insee, les prix des produits pétroliers ont ainsi augmenté en septembre de près de 20 % sur un an, en lien avec ceux du gazole (+ 20 %) et de l’essence (+ 18 %), de même que le gaz naturel et de ville (+ 39 %). De quoi percuter les plans du gouvernement, qui espérait en cette fin d’année mettre en avant son bilan en matière de pouvoir d’achat – baisse de l’impôt sur le revenu, suppression progressive de la taxe d’habitation, « prime Macron », et chômage partiel pendant la pandémie.

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