Jean Castex annonce une « indemnité classes moyennes » pour préserver le pouvoir d’achat

Aux pompes à essence d’un hypermarché, à Dijon, le 19 octobre 2021.

Une « indemnité classes moyennes » pour répondre à la colère qui couve depuis plusieurs semaines autour du pouvoir d’achat. Confronté, depuis la fin de l’été, à une flambée des prix de l’essence, qui approchent ces jours-ci de niveaux historiques, le gouvernement a choisi de faire un pas de côté et d’annoncer une mesure à spectre large, plutôt qu’un geste ciblant spécifiquement la question des carburants, comme envisagé à l’origine.

Cette « indemnité inflation de 100 euros » sera « versée aux Français gagnant moins de 2 000 euros net par mois », a annoncé le premier ministre, Jean Castex, jeudi 21 octobre, au journal de 20 heures de TF1, exactement trois semaines après être venu présenter un bouclier tarifaire destiné, déjà, à contenir les prix de l’électricité et du gaz. Il s’agira d’une « indemnité classes moyennes », a-t-il corrigé, expliquant que le plafond retenu correspond au salaire hexagonal médian (1,6 smic). Versée automatiquement entre décembre (par les entreprises pour les salariés), et février 2022, elle ne sera soumise ni aux cotisations sociales ni à l’impôt sur le revenu.

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Ce dispositif s’adressera à ceux « qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler », aux « indépendants, [aux] chômeurs en recherche d’emploi et aux retraités », auxquels il faut ajouter les étudiants boursiers et fiscalement autonomes, ainsi que les bénéficiaires de minima sociaux (RSA, AAH). Soit, au total, quelque 38 millions de personnes. Le dispositif ne cible donc plus uniquement les automobilistes, mais un ensemble de ménages sur des critères de revenus. « 85 % des Français ont une voiture », a insisté le premier ministre, rappelant que l’inflation ne concerne « pas que l’essence ». Le montant de 100 euros a néanmoins été calculé à partir du « surcoût pour un travailleur qui fait 14 000 kilomètres par an », soit 80 euros, « plus l’inflation sur d’autres biens », justifie-t-on à Matignon.

Multiplication des annonces

La station service Total Energies de la route de Langres, à Dijon, le 19 octobre 2021.

Depuis la rentrée, l’exécutif est confronté, dans le sillage de la reprise économique mondiale consécutive à la crise du Covid-19, à une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité – en premier lieu l’énergie, mais aussi certaines denrées agroalimentaires. Il s’attend, en outre, à un renchérissement de certains contrats, comme les complémentaires santé. Selon l’Insee, les prix des produits pétroliers ont ainsi augmenté en septembre de près de 20 % sur un an, en lien avec ceux du gazole (+ 20 %) et de l’essence (+ 18 %), de même que le gaz naturel et de ville (+ 39 %). De quoi percuter les plans du gouvernement, qui espérait, en cette fin d’année, mettre en avant son bilan en matière de pouvoir d’achat – baisse de l’impôt sur le revenu, suppression progressive de la taxe d’habitation, « prime Macron », et chômage partiel pendant la pandémie.

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