Jean-Laurent Félizia, l’écologiste qui a fait vaciller le front républicain en PACA

L’écologiste Jean-Laurent Félizia, le 1er juin 2021, à Marseille.

Contrit et forcé

Ses proches le disent abattu depuis qu’il a consenti, sans enthousiasme – « C’est un choix déchirant qui s’est posé à nous tous, collectivement » – à se retirer du second tour des élections régionales en PACA. Mais les partis de l’union de la gauche PS-EELV-PCF, dont il était le chef de file, ne lui ont pas laissé le choix. Félizia s’est finalement rangé derrière Renaud Muselier (LR) pour faire barrage au Rassemblement national emmené par Thierry Mariani (RN). Faire porter à la gauche une responsabilité historique en cas de victoire de l’extrême droite représentait une pression trop lourde.

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En vert et contre tous

Il a tenu dix heures après les résultats du premier tour. Dix heures durant lesquelles, faisant fi des menaces d’exclusion de son propre parti, EELV, il a essayé d’expliquer, pour justifier une triangulaire, qu’il ne voulait pas faire disparaître la gauche dès le premier tour et abandonner prématurément sa région aux mains de la droite. En 2015, déjà, Christophe Castaner (alors socialiste) avait renoncé afin d’éviter une victoire de Marion Maréchal-Le Pen (alors FN). Félizia incarne les ambiguïtés d’une pratique actuelle d’un front républicain qui déçoit une partie de la gauche, lassée qu’il ne fasse pas forcément reculer le RN.

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Méditant transparent

A 52 ans, Jean-Laurent Félizia n’est pas un professionnel de la politique. Après un passage au PS, il devient membre des Verts en 2009 et se revendique écologiste de gauche. Militant actif, il s’est fait connaître en 2017, en portant énergiquement, en tant que spécialiste de l’écosystème méditerranéen, sa pétition pour défendre la loi littoral, qui réunira 360 000 signatures. Mais le costume de candidat unique de la gauche en PACA semblait un peu trop grand pour lui. Ecologiste pragmatique, adepte de la méditation, il est apparu mal à l’aise, et plutôt transparent, durant la campagne des régionales.

Large culture

Félizia a beaucoup « voyagé » entre le Var, son département de cœur, et les Bouches-du-Rhône, où il est né. Il fut ingénieur agronome, professeur de paysages à Belfort, puis jardinier en chef du Domaine du Rayol, à Rayol-Canadel-sur-Mer, dans le Var. Il est ensuite devenu paysagiste-concepteur et pépiniériste au Lavandou – dont il est conseiller municipal –, à la tête d’une petite entreprise. Depuis 2014, ses équipes gèrent le Jardin des migrations du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), à Marseille. Depuis qu’il a retiré sa liste, il ne s’est pas ­prononcé sur son avenir politique.

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