Jean-Michel Blanquer : « La France et sa jeunesse doivent échapper à l’idéologie woke »

Jean-Michel Blanquer, dans son bureau au ministère de l’éducation nationale, à Paris, le 13 octobre 2021.

A l’occasion du lancement de son cercle de réflexion Laboratoire de la République, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, en détaille les objectifs. Il est destiné à insuffler des idées dans la campagne de la majorité, notamment sur la laïcité.

Quelle est l’ambition du Laboratoire de la République ?

Lorsque l’on dit « Vive la République », on ne sait pas toujours ce qu’il y a derrière cette invocation. Le cercle que je lance veut montrer le caractère concret de ce contenu, notamment en direction de la jeunesse. Notre société affronte trois grands défis : écologique, technologique et géopolitique. Je veux faire la démonstration que, sur ces trois enjeux, l’idée républicaine peut apporter des réponses. Il s’agit ensuite de penser des politiques publiques pour l’incarner. En travaillant à partir des quatre adjectifs que donne notre Constitution à la République : démocratique, sociale, indivisible, laïque.

Comment va-t-il fonctionner ?

Ce n’est pas un parti politique, ni un mouvement, mais un cercle de réflexion et d’action. Il aura vocation à être utile dans la campagne présidentielle et, plus généralement, dans le débat d’idées. J’y invite des gens d’horizons différents, comme Elisabeth Badinter, qui incarne un féminisme républicain opposé à la guerre des sexes ; ou Rachel Khan, figure d’une lutte antiraciste indifférente à la couleur de peau. Une centaine de parlementaires y participeront également ; et un certain nombre d’experts, invités à s’exprimer sur une plate-forme en ligne. Le dépassement du clivage gauche-droite est au cœur de l’approche républicaine.

Vous avez déjà créé un Conseil des sages de la laïcité. Il y a désormais un comité interministériel sur la laïcité, et, au ministère de l’intérieur, un bureau de la laïcité. Qu’est-ce que ce Laboratoire peut vous permettre de faire de plus ?

Ce n’est pas une instance institutionnelle, mais un cercle de réflexion indépendant de mes fonctions de ministre de l’éducation ; de plus, le sujet de la laïcité est loin d’être le seul sujet. Je veux qu’il implique la jeunesse en lui donnant des raisons de s’engager pour des causes qui lui sont chères. Nous inciterons les jeunes à ouvrir des antennes dans les universités, mais nous parlerons aussi à la jeunesse rurale et des banlieues.

Ce cercle, vous en faites aussi un moyen de contrer la diffusion de certaines luttes identitaires venues des Etats-Unis…

Ce n’est pas le seul sujet du Laboratoire. C’est vrai que la République est aux antipodes du « wokisme ». Aux Etats-Unis, cette idéologie a pu amener, par réaction, Donald Trump au pouvoir, et la France et sa jeunesse doivent échapper à ça. Le Laboratoire aura une vision républicaine opposée à cette doctrine qui fragmente et divise, et a conquis certains milieux politiques, médiatiques et académiques en proposant un logiciel victimaire au détriment des fondements démocratiques de notre société.

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