« Jean-Paul Belmondo se donne un mal de chien pour paraître imbécile »

Jean Paul Belmondo, en 1960.

Quel regard portaient les réalisateurs ou comédiens qui ont tourné avec lui ? Beaucoup se sont exprimés à l’époque, à différents moments de la carrière de Jean-Paul Belmondo. A l’occasion de la mort du comédien, le 6 septembre 2021, nous reproduisons ici leurs propos, glanés dans des entretiens accordés à la presse.

  • Jean-Luc Godard : « Jean-Paul Belmondo est le Michel Simon et le Jules Berry de demain. »

« Un drôle de dimanche [film de Marc Allégret, 1958], donc, est d’un inintérêt total. Le texte est lamentable, les acteurs aussi. Quand le rôti ne vaut rien, on se rattrape sur la sauce ; mais ce n’est pas avec Bourvil qu’on sauve un scénario de Serge de Boissac, ni avec Cathia Caro des dialogues de Jean Marsan. Avec Jean-Paul Belmondo, peut-être, puisque c’est le Michel Simon et le Jules Berry de demain, mais encore faudrait-il utiliser ce génial acteur autrement et ailleurs… »

Arts n°698 du 26 novembre 1958.

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  • Alain Delon : « Après Belmondo, ce n’est tout simplement plus la même chose. »

« L’autre samedi matin, j’ai été choqué et peiné par l’accroche plus que maladroite d’un journal : “Jean Dujardin, le nouveau Belmondo”. (…) Pour la centième fois, je n’ai pas failli à mon tempérament explosif : qu’on m’attaque, j’ai l’habitude, mais qu’on touche à ceux que j’aime, c’est une autre affaire (…). Alors j’ai besoin de hurler ma colère. Que seraient ses films si un autre que lui avait incarné ses personnages ? Que seraient nos films cultes si on chamboulait la distribution en y collant des “nouveaux” ? Un acteur n’est pas un beaujolais. Une star, une vraie ne sera jamais substituable. Il n’y a pas de “nouveau”, il y a des “après”. Après Bardot, après Signoret, après Deneuve, après Adjani… Et après Belmondo, ce n’est tout simplement plus la même chose. La roue tourne. Toujours plus vite (…).

P. S. : Je laisse évidemment Jean Dujardin en dehors de ce coup de colère. »

Paris Match, 20-26 avril 2006.

  • Philippe Labro : « Jean-Paul a un sourire intérieur, celui à la fois du sage revenu de tout et de l’enfant qui aime jouer. »

« Jean-Paul, c’est la combinaison d’un comédien qui joue vraiment la comédie, même s’il donne l’impression fausse de n’en avoir rien à foutre, et d’un vrai travail intérieur que l’on ne voit jamais. Ajoutez à cela une démarche, une silhouette, une allure exceptionnelle (…). En plus de ce sourire extérieur que tout le monde connaît, il a un sourire intérieur, celui à la fois du sage revenu de tout et de l’enfant qui aime jouer. »

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