Jean-Pierre Denis, ex-président du Crédit mutuel Arkéa, obtient 2,5 millions d’euros d’indemnités de départ

Jean-Pierre Denis, alors président du Crédit mutuel Arkéa, en février 2018,  au Relecq-Kerhuon (Finistère).

Il restera dans l’histoire de la finance comme le banquier qui, depuis son Finistère, a lancé les hostilités contre son propre groupe bancaire. Jean-Pierre Denis, alors président du Crédit mutuel Arkéa (fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest), a, pendant sept ans, cherché à obtenir l’indépendance de sa banque régionale, en coupant les liens avec le reste du groupe Crédit mutuel. En vain.

Le 15 mars, le dirigeant breton, qui a été secrétaire général adjoint de l’Elysée de 1995 à 1997, sous la présidence de Jacques Chirac, a finalement jeté l’éponge, en déclarant simplement qu’il souhaitait « se consacrer à d’autres projets ». Arkéa précise qu’« il a fait le choix de ne pas proposer le renouvellement de ses mandats d’administrateur du Crédit mutuel Arkéa et de la fédération du Crédit mutuel de Bretagne, qu’il ne préside donc plus », depuis l’assemblée générale du 11 mai.

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Et pourtant, bien que parti de sa propre initiative, Jean-Pierre Denis, 61 ans, quitte ses responsabilités avec de confortables indemnités, d’un montant de 2,5 millions d’euros, selon nos informations. A l’issue d’une rupture conventionnelle, le banquier perçoit à la fois « une indemnité due au titre des dispositions légales et conventionnelles qui s’imposent à Crédit mutuel Arkéa en tant qu’employeur [1,4 million d’euros] » et « une indemnité spécifique contractuelle correspondant à deux ans de rémunération brute de base [1,1 million d’euros] ».

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La banque coopérative régionale précise que « l’indemnité contractuelle de rupture aurait dû être calculée en prenant en compte la dernière rémunération variable effectivement perçue », mais que « Jean-Pierre Denis a accepté qu’il ne soit pas fait application » de ces dispositions de son contrat de travail, ce qui a amputé des deux tiers le montant de l’indemnité spécifique. Il a, depuis, rejoint le groupe Paprec, spécialisé dans la collecte et la gestion des déchets, comme vice-président, chargé notamment des grands projets.

En février 2020, un peu plus d’un an avant son départ, son ex-directeur général, Ronan Le Moal, avait quitté Arkéa avec un chèque de 5 millions d’euros, dont 3,25 millions d’euros « au titre de la cessation de son contrat de travail ».

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Selon le code de bonne gouvernance pour les entreprises cotées de l’Association française des entreprises privées (AFEP) et du Medef, « le versement d’indemnités de départ à un dirigeant mandataire social doit être exclu, s’il quitte à son initiative la société pour exercer de nouvelles fonctions ». Après le départ de M. Le Moal, la banque avait précisé qu’elle ne faisait « plus référence au code AFEP-Medef (…), n’étant pas une société dont les actions sont admises aux négociations sur un marché réglementé ».

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