« Jeune et Golri », sur OCS Max : Agnès Hurstel, la belle-mère qui ne voulait pas grandir

Francis (Jonathan Lambert) et Prune (Agnès Hurstel) dans « Jeune et Golri ».

OCS MAX – JEUDI 2 SEPTEMBRE À 20 H 40 – SÉRIE

Le récit initiatique, genre à part entière très prisé des « dramédies », est souvent d’autant plus réussi qu’il est personnel. Il y a très certainement du vécu dans l’histoire que raconte Agnès Hurstel sous les traits de Prune, jeune comédienne de stand-up qui, à la faveur d’un gage de cour de récréation, tombe amoureuse d’un « papier peint », selon la charitable expression de sa colocataire : comprendre un homme vieux et, donc, barbant.

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Il y a aussi dans Jeune et Golri une grande part laissée à la fantaisie ainsi qu’une liberté de mise en scène qui emmène la série un peu plus loin que son univers lui permet. Elle contourne habilement les clichés qui collent habituellement aux histoires d’amour entre jeunettes et vieux beaux, en délaissant les rapports de force au profit de la valse des sentiments. Cerise sur le gâteau, Jeune et Golri dynamite les barrières générationnelles et fait se croiser « boomeurs », grands adultes, « enfultes » (enfants adultes) et demi-portions avec beaucoup de fluidité.

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En huit épisodes d’une vingtaine de minutes (plus n’aurait pas forcément été trop), Agnès Hurstel et ses coscénaristes, Léa Domenach et Victor Saint Macary, brossent le portrait d’une ado attardée attachante, dont la carrière n’a pas encore décollé et dont les parents s’inquiètent gentiment pour son avenir et ses amours. Celles-ci se bornent à des relations occasionnelles avec Paul, un comédien qui se produit au même comédie-club qu’elle, jusqu’à sa rencontre improbable avec Francis, 47 ans.

Récit initiatique

Parodie d’adulte, Francis (Jonathan Lambert) a un travail qui ne fait rêver personne, un appartement bien rangé et une fille aussi mûre que Prune est puérile. C’est autour de la petite Alma (Jehanne Pasquet) que le conflit de générations au cœur de Jeune et Golri va se cristalliser, renvoyer Prune à ses choix de vie et à la grande question des vingtenaires : de quoi adulte est-il le nom ? Autrement dit, grandir, est-ce forcément mourir un peu ?

Prune ira chercher la réponse auprès de ses parents, babas cool décontractés du sous-vêtement et de la bouteille, de ses amis pas tous aussi immatures qu’elle, de son petit frère encore adolescent (Thomas Giorgia, le jeune garçon de Jusqu’à la garde), mais aussi de son public, à la faveur d’un sketch tiré de son histoire avec Francis et qu’elle hésite à utiliser comme tremplin, malgré son succès.

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Récit initiatique, Jeune et Golri est également un essai intéressant sur le rire, qui montre la part considérable prise par le stand-up – et ce qui en fait la substance : rire de soi-même avant tout – dans le paysage de l’humour en France. La présence au générique de Marie Papillon et de la très en vue Lison Daniel, deux figures de l’humour made in Instagram, est l’autre face de ce renouvellement des talents comiques.

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