Jeune maire rural, Jérémie Gaillard doit lutter contre « les vents contraires »

Dans le sud de la Gironde, le maire de Caudrot, commune rurale de 1 200 habitants, Jean-Pierre Jausserand, a cédé son siège, en mars 2020, à Jérémie Gaillard, 39 ans. Une carrière à laquelle ne se destinait pas le jeune édile, sans étiquette politique, malgré un engagement dans une mairie de quartier d’Orléans, sa ville d’origine.

« L’ancien maire de la commune que j’administre aujourd’hui ne s’est pas représenté, et la majorité de son équipe l’a suivi dans ce choix. Ça s’est passé tout simplement, lors d’une réunion publique qui a été organisée en mairie par l’ancien maire, personne ne s’identifiait dans la commune pour prendre la suite », explique-t-il. Et si « d’un point de vue global, c’est extrêmement passionnant, presque addictif, car on a le sentiment d’être utile », confie Jérémie Gaillard, le parcours est aussi semé d’embûches.

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En mai, un an après son élection, l’élu a publié sur la page Facebook de la mairie une tribune « sur un certain nombre de choses qui ne [lui] convenaient pas dans la situation actuelle ». Une lettre ouverte qui détaille la réalité de sa commune. Si Caudrot semble être aux visiteurs un long fleuve tranquille, le texte du maire décrit « le triste constat que malgré [les] efforts pour maintenir ce fragile équilibre, il est des forces et des vents contraires contre lesquels il devient de plus en plus difficile de lutter ». Il rappelle que sa commune ne compte que onze agents municipaux, détaille la dépendance financière aux subventions délivrées par l’Etat, le département, la région, « et tout un tas d’autres organismes ».

« On se retrouve au centre d’une complexité administrative française qui n’est pas évidente à gérer. Je pensais que le maire avait plus de pouvoir que ce qu’il a réellement. Finalement, je suis comme les habitants, donc c’est compliqué pour eux de comprendre pourquoi le maire ne règle pas certains sujets. C’est tout simplement parce qu’il n’en a pas le pouvoir », explique-t-il.

« Un mandat pour voir, un mandat pour faire »

Le maire souligne une autre complexité de sa tâche, celle liée à « l’évolution de la société, aujourd’hui clivée avec des problématiques de paupérisation et d’éducation ». Elu de proximité, Jérémie Gaillard a été agréablement surpris par « la confiance et le respect » des Caudrotais à l’égard de son rôle, mais il s’inquiète d’« une société qui s’individualise de plus en plus, où il est compliqué de faire comprendre aux gens qu’on travaille pour l’intérêt général et non particulier ».

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