Jeux vidéo : sept studios indépendants nouent une alliance inédite

Pendant plusieurs mois ils ont agi en sous-marin, mais ils ont choisi, mardi 28 septembre, d’officialiser leur projet. Sept studios indépendants de jeux vidéo ont associé leurs forces, en septembre 2020, pour s’assurer un développement plus rapide. Parmi eux se trouvent deux sociétés hexagonales (Sloclap et Awaceb), mais aussi des entreprises de Serbie, des Etats-Unis, du Canada, du Japon et de Nouvelle-Zélande, réunies désormais au sein d’une structure baptisée Kepler Interactive, dirigée par le Français Alexis Garavaryan. Passé par deux géants de l’industrie vidéoludique (Tencent et Xbox), il a lancé en 2017 un fonds d’investissement destiné à soutenir les studios de jeux vidéo.

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Même si, pour lui, ces deux activités restent distinctes, son expérience acquise à la tête de Kowloon Nights lui a permis de dresser un constat : « Les développeurs indépendants qui recherchent du financement mais veulent conserver leur liberté créative n’ont pas de destination idéale pour trouver du financement. » Avec Kepler Interactive, Alexis Garavaryan espère avoir trouvé la bonne ligne de crête.

Côté financement, Kepler a réussi à effectuer une levée de fonds de 120 millions de dollars (102 millions d’euros) auprès de l’éditeur chinois NetEase, un poids lourd du secteur. Une manne qui lui a permis d’entrer au capital de chacun des membres de l’alliance, mais doit aussi leur offrir les moyens de leur développement.

Liberté créative conservée

Dans le schéma élaboré, chaque entité conserve l’entièreté de sa liberté créative, tout en étant représentée au sein de la gouvernance du groupe. Au quotidien, le groupe doit apporter aux studios des compétences qui n’appartiennent pas à leur cœur de métier. Alors que, dans un mode de fonctionnement traditionnel, ils passent par des éditeurs pour vendre leurs jeux aux distributeurs (PlayStation, Xbox, Steam, Epic Games), Kepler pourra proposer à ses membres de remplir ce rôle avec des équipes dédiées. La nouvelle entité compte aussi sur l’effet de taille pour peser davantage dans les négociations avec les grands acteurs du secteur : « Avoir cette capacité avec du contenu que les plates-formes veulent absolument sécuriser, ça nous place dans une position beaucoup plus forte », explique Alexis Garavaryan.

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Enfin, le groupe mise sur la collaboration entre ses membres pour leur permettre à tous de grandir, sur la base de partage d’expérience, tant sur les aspects les plus techniques de la réalisation de jeux que dans la conduite de leur entreprise. « On ne veut pas forcer cette collaboration, mais la faciliter », indique M. Garavaryan.

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