JM France maintient son été musical, en dépit de la crise sanitaire

L’accordéoniste Sophie Aupied lors d’un concert, en mai 2021, dans le cadre de l’opération « Mes vacances musicales », à Saint-Firmin (Hautes-Alpes).

La météo se fait capricieuse, à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), en cet après-midi de juillet. Le ciel nuageux du matin a laissé place au crachin, puis aux trombes d’eau. « Normalement, j’entre sur scène depuis l’extérieur, mais, là, je sens que je vais glisser… Bon, on va essayer de ne pas se casser une jambe ! » Avec optimisme, la chanteuse et comédienne Clémence Desprez prépare sa troisième représentation de la journée à l’accueil de loisirs Le Nesles. Dans le cadre de « Mes vacances musicales », une initiative de l’association JM France, elle propose Un chant de cailloux, conte musical mêlant théâtre d’objets et intermèdes chantés. Ukulélé, accordéon et boîte à rythmes : l’artiste est suréquipée. « Mon instrument, c’est ma voix. Mais, comme je suis seule aujourd’hui, je devais m’accompagner ! »

Avec une moyenne de deux mille spectacles par an, JM France (anciennement Jeunesses musicales de France, dont le nom a changé en 2014) est à ce jour le plus gros producteur, créateur et diffuseur de spectacles à destination du jeune public « prioritairement issu de territoires reculés ou défavorisés », comme le revendique l’association. Forte de son ancienneté – elle a été créée en novembre 1944 –, la structure s’appuie sur mille bénévoles et quatre cents partenaires culturels répartis sur tout le territoire.

Vincent Niqueux, directeur de JM France : « Si le jeune public ne peut venir au spectacle, alors le spectacle vient à lui ! »

Dans les zones les plus reculées, les artistes se glissent dans les salles polyvalentes et établissements recevant du public, pour y donner des concerts de musique actuelle, classique ou du monde, calibrés pour un auditoire souvent frileux. « Il y a encore beaucoup d’autocensure, de jeunes qui pensent que cela n’est pas pour eux, regrette Vincent Niqueux, directeur de JM France. Nous souhaitons donc proposer des spectacles exigeants d’un point de vue artistique, mais à la mesure du jeune public. S’il ne peut venir au spectacle, alors le spectacle vient à lui ! »

Covid-19 oblige, l’association a revu sa copie en mars 2020 pour s’adapter aux impératifs sanitaires. Soutenue par le ministère de la culture à hauteur de 500 000 euros (en sus de sa subvention annuelle de 900 000 euros), JM France a inauguré deux dispositifs. Le premier, « Mon concert en classe », permet aux écoles d’inviter un ou une artiste pendant une journée, l’intervenant passant de classe en classe pour donner un concert d’une demi-heure.

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