Julie Delpy : « J’ai voulu parler du travail qui envahit tout »

Julie Delpy à l’Hotel Royal Monceau Paris le 25 Juin 2021.

Actrice, scénariste, réalisatrice… Julie Delpy (Two days In Paris, Lolo) continue à cumuler les casquettes et à jouer avec son double fictif dans On the Verge, une série tout en nuances sur les affres de l’approche de la cinquantaine diffusée sur Canal+ à partir du 6 septembre. Elle en faisait la promotion lors d’un passage à Paris en juin dernier, au même moment que sortait en salle son film My Zoé et que la Cinémathèque à Paris lui consacrait une grande rétrospective.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « On the Verge », sur Canal+ : la vie de quinquagénaires à l’heure des choix

Que vouliez-vous raconter avec cette série ?

Je voulais raconter un groupe d’amies à Los Angeles avec un travail, des enfants, des maris et des ex… mais avec des vies différentes et des niveaux sociaux différents. Elles ne sont pas toutes bourgeoises, et même celles qui le sont savent bien qu’elles peuvent tout perdre du jour au lendemain. D’ailleurs, le personnage d’Ella (Alexia Landeau), mère célibataire et au chômage de 3 enfants de 3 pères différents, est très limite financièrement parlant.

Je voulais surtout parler du quotidien, du travail qui envahit tout, de femmes qui ont un passé, des femmes qui se débrouillent comme elles peuvent. C’est pour ça que même si On the Verge se passe à Venice, j’ai tenu à filmer cet endroit dans ses différentes facettes, avec ses belles plages mais aussi ses sans-abris. Mais je voulais que l’ensemble soit drôle, qu’on reste dans la légèreté. J’aime les histoires foisonnantes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « My Zoé » : une folle passion maternelle vue par Julie Delpy

Vous avez mis près de dix ans à faire aboutir le projet. Pourquoi si longtemps ?

J’ai commencé à écrire On the Verge toute seule, en 2012. J’ai collaboré avec HBO jusqu’en 2014, puis le projet est passé chez Amazon. J’ai fait une pause en 2016 pour préparer My Zoé, puis Amazon m’a lâchée. J’ai repris les droits de la série et j’ai tout de suite commencé à travailler avec Canal+, ça tombait très bien finalement car j’avais vraiment envie de collaborer avec eux.

Quand la chaîne m’a commandé deux épisodes, j’ai appelé Alexia Landeau, avec qui j’avais déjà écrit 2 Days in New York. Nous avons été aidées par une scénariste américaine, Emily Ryan Lerner, mais ce n’est pas énorme comme équipe, j’espère que nous serons plus nombreux à écrire s’il y a une saison 2. Là, c’était dur.

« Ce n’est jamais simple de parler des femmes de plus de 45 ans à l’écran, beaucoup de producteurs et de diffuseurs ont dit non »

Il n’est donc pas plus facile de monter une série aux Etats-Unis qu’en France ?

La preuve, le projet est passé de main en main aux Etats-Unis avant d’atterrir en France. Netflix s’est associé à Canal+ par la suite – et c’est une très bonne chose – mais c’est vraiment Canal+ le point de départ. Ce n’est jamais simple de parler des femmes de plus de 45 ans à l’écran, beaucoup de producteurs et de diffuseurs ont dit non. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être soutenue. Avec l’implication de Netflix sur On the Verge, c’est la première fois que des Américains me soutiennent. Cela dit quelque chose d’intéressant mais ça ne durera peut-être pas.

Il vous reste 39.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.