« Julie (en 12 chapitres) », « Freda », « Le Dernier Duel » : les films à voir au cinéma cette semaine

Comédie dramatique norvégienne, « Julie (en 12 chapitres) » donne à voir des histoires d’amour à la découpe.

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Vie amoureuse d’une trentenaire, combats de femmes en Haïti, trajectoires de travailleuses précaires, vacances ou vengeances enfantines : le cinéma ne se laisse pas faire cette semaine.

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« Julie (en 12 chapitres) » : l’amour en pièces détachées

Une héroïne en tranches de vie, des histoires d’amour à la découpe. Cela pourrait faire mal, mais Julie (Renate Reinsve) s’en sort plutôt bien. La jeune femme n’est pas du genre à se plaindre. Quand ça ne va pas, elle s’en va tester ailleurs. Un autre travail, une nouvelle rencontre. Elle cherche, et résiste à l’injonction de « tracer sa route » comme on dit de quelqu’un qui a vite trouvé ses marques. C’est un beau motif, plus subversif qu’il n’y paraît, du temps et de la liberté pour son héroïne que « brode » Joachim Trier dans son cinquième long-métrage, Julie (en douze chapitres).

On découvre Julie presque trentenaire, à la fin de ses études de médecine. Puis on la suit durant quatre ans. Drôle et mélancolique, le film met en scène trois acteurs puissants de vérité, soit Julie et ses deux « Jules » successifs : le premier, Aksel, un quadragénaire que l’on dirait accompli, est interprété par Anders Danielsen Lie, héros d’Oslo, 31 août (2011). Le second, Eivind, plus jeune, serveur dans un café, est incarné par Herbert Nordrum. Enfin, il y a Julie, brillante et sérieuse qui cherche moins à conquérir le monde qu’à trouver sa juste place au milieu de mille possibilités.

Joachim Trier et Eskil Vogt (son coscénariste) déconstruisent le couple, arrêtent le temps, et prouvent que l’on peut inventer au cinéma une rupture désarmante de beauté. Ne parlons pas des débuts toujours légers, nous disent-ils, allons voir plutôt les engrenages lorsqu’ils sont fatigués, démontons l’amour en pièces détachées. Clarisse Fabre

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« Julie (en 12 chapitres) », film norvégien de Joachim Trier. Avec Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie, Herbert Nordrum (2 h 01).

« Freda » : portrait de femmes, tendre et charnel en Haïti

Le premier long-métrage de la réalisatrice haïtienne Gessica Généus résonne de mille bruits. Ils proviennent de partout, occupent l’espace et le hors-champ, agissent sur le film comme des battements de cœur susceptibles de nous tenir, sinon en vie, du moins en éveil.

Combats et fusillades de rues, prises de parole des femmes assujetties aux lois patriarcales, revendications d’une jeunesse révoltée par la corruption et la misère chargent le film d’une énergie fougueuse, impatiente. Comme le sont, elles-mêmes, chacune à sa façon, les héroïnes. La puissance de Freda tient à cette unité qu’a su composer Gessica Généus, autour du réel et de la fiction, révélant ainsi la photographie d’un pays en même temps que le portrait d’une famille.

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