Kanye West, Leon Bridges, Anika, Prince… Nos albums coup de cœur sortis cet été

LA LISTE DE LA MATINALE

L’équipe de la rubrique Musiques vous propose une sélection d’albums qui ont été appréciés et chroniqués dans nos pages ou sur notre site Internet ces dernières semaines. Soit, dans l’ordre de leur commercialisation de fin juillet à fin août : le troisième album du chanteur soul Leon Bridges ; une atmosphère post-punk, urbaine, électro austère et minimaliste avec la Berlinoise Annika Henderson, dite Anika ; un album de Prince, conçu, enregistré et finalisé en 2010 ; le duo britannique Jungle entre disco, funk, hip-hop et pop-rock ; l’hommage du saxophoniste Julien Lourau à la compagnie phonographique de jazz-pop CTI ; le cinquième album du groupe irlandais Villagers, mené par Conor J. O’Brien ; le maloya (emblème musical de la Réunion) électrique, nerveux, puissant de Trans Kabar ; le dixième album du rappeur Kanye West.

« Gold-Diggers Sounds » de Leon Bridges

Pochette de l’album « Gold Diggers Sounds », de Leon Bridges.

Le public a découvert Leon Bridges avec une chanson qui louait son retour à la maison, Coming Home, et rappelait dans sa vidéo les clichés de son vieux Sud, avec ses cireurs de chaussures, ses églises baptistes ou ses barber shops. Le Texan revient avec un troisième album enregistré, cette fois-ci, loin de chez lui et qui met en lumière l’hôtel Gold Diggers à Los Angeles qui l’a logé pendant toute la création de ce disque très soul. Durant cette période, il s’est aussi engagé dans la campagne présidentielle américaine en jouant à la convention démocrate en 2020 et a signé deux semaines après l’assassinat de Georges Floyd d’un policier, la chanson Sweeter pour lui rendre hommage, enregistrée aux côtés du saxophoniste, Terrace Martin et du pianiste Robert Glasper.

Sur ce disque de onze titres, Leon Bridges a convoqué tous les soirs les musiciens de « sa tribu » comme il les appelle après avoir lui-même essayé de nouveaux accords sur sa guitare. Cela donne le sensuel Why Don’t you Touch Me, ou Magnolias et sa supplique à la trompette, Born Again, débuté sur les notes du synthé de Robert Glasper, qui parle de ce conflit permanent des chanteurs soul avec la foi, lui, le fils d’une chrétienne fervente à qui il dédiait la chanson Lisa Sawyer, dans son premier disque. Stéphanie Binet

1 CD Columbia Records (sortie le 23 juillet).

« Change » d’Anika

Pochette de l’album « Change », d’Anika.

Au printemps, la Berlinoise Annika Henderson, alias Anika, dévoilait l’hypnotique single Finger Pies, tiré de son nouvel album, son premier en solo depuis onze ans. Ancienne journaliste politique, la musicienne et vocaliste germano-britannique était plutôt accaparée ces dernières années par ses projets parallèles, notamment avec le brillant collectif Exploded View de Mexico, le trio krautrock BEAK > mené par Geoff Barrow (Portishead) ou encore avec le Bristolien Tricky. Enregistrés en 2020 dans le contexte anxiogène du confinement, les neuf titres de son deuxième album Change résonnent aussi avec l’héritage musical de sa ville allemande d’adoption : une atmosphère post-punk, urbaine, une électro austère et minimaliste, habitée par ce chant spectral.

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