La Banque d’Angleterre repousse l’augmentation de ses taux d’intérêt

La Banque d’Angleterre a-t-elle eu la main qui tremble ? Après une série de discours laissant entendre qu’une hausse des taux était imminente, son comité de politique monétaire a finalement décidé, jeudi 4 novembre, de ne pas agir. Son taux directeur reste à 0,1 %, prenant par surprise les marchés financiers, qui s’attendaient à ce que l’institution monétaire britannique soit la première grande banque occidentale à décider d’une augmentation. La mesure n’est cependant que repoussée de quelques mois. « Nous pensons que les taux d’intérêt vont devoir augmenter modestement pour ramener l’inflation à 2 % », avertit l’institution.

Deux des neuf membres du comité monétaire étaient en faveur d’une action dès maintenant. Les autres hésitent aussi, précise Andrew Bailey, le gouverneur de la Banque d’Angleterre : « La décision a été très serrée. » La « vieille dame de Threadneedle Street », surnom tiré de la rue où elle est installée, fait face au même embarras que les autres banques centrales. D’un côté, la poussée d’inflation est évidente, largement au-dessus de son mandat de 2 %. Au Royaume-Uni, elle atteignait 3,1 % en septembre, et devrait tourner autour de 4,5 % d’ici la fin de l’année, puis monter à un pic de 5 % au printemps 2022, selon la Banque d’Angleterre.

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L’envolée des prix du gaz et du pétrole, mais aussi celui de la plupart des biens durables, rend cette trajectoire inéluctable. D’un autre côté, la reprise économique est plus fragile qu’il n’y paraît. Certes, la croissance va frôler 7 % cette année au Royaume-Uni, la plus forte des pays du G7, mais il s’agit d’un effet mécanique de rattrapage après la violente chute de 2020. Pour l’instant, l’économie n’est pas tout à fait revenue à son niveau d’avant la pandémie de Covid-19. « Le produit intérieur brut devrait retrouver son niveau du quatrième trimestre 2019 au premier trimestre 2022 », note M. Bailey.

L’envolée serait transitoire

A cela s’ajoute un flou complet qui règne sur le marché du travail. Le Royaume-Uni fait face à d’importantes pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs. La panique autour des stations essence vides, provoquée par le manque de chauffeurs routiers pour transporter le carburant, donne l’impression d’une économie en surchauffe. Mais d’autres signaux font hésiter la Banque d’Angleterre. En particulier, fin septembre, le gouvernement britannique a mis fin au chômage partiel, alors qu’un million de salariés en bénéficiaient encore.

Aucune des grandes banques centrales n’a pour l’instant suivi celles qui, à travers le monde, ont augmenté leur taux depuis cet été

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