La chaîne C8 condamnée en appel à verser 5,15 millions d’euros à Thierry Ardisson

La chaîne C8 a été condamnée, vendredi 10 septembre, par la cour d’appel de Paris à verser plus de 5,15 millions d’euros à Thierry Ardisson pour l’arrêt soudain de son émission « Salut les Terriens ! » à la mi-2019, a appris l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information du quotidien Le Parisien.

« Ce n’est pas un triomphe, c’est l’application de la loi et c’est le respect de la morale dans les affaires », a déclaré à l’AFP Me Jean Ennochi, avocat de l’animateur. Sollicitée par l’AFP, la chaîne du groupe Canal+ n’a pas souhaité commenter la décision.

Thierry Ardisson avait lancé « Salut les Terriens ! » sur Canal+ en 2006 avant de migrer sur C8 en 2016. L’émission avait été arrêtée en 2019, après le refus de l’animateur de fournir ses émissions pour deux fois moins cher, ce qu’il avait qualifié de « télé low cost ».

« Rupture brutale des relations d’affaires »

En janvier 2020, la chaîne du groupe Canal+ avait été condamnée par le tribunal de commerce de Paris à verser 811 500 euros à Thierry Ardisson pour « rupture brutale des relations commerciales », les juges ayant alors estimé que la chaîne avait accordé un préavis trop court en décidant de stopper l’émission le 17 mai 2019, soit un mois et demi avant la fin de la saison.

L’animateur, qui réclamait 6,8 millions d’euros, avait décidé de faire appel de cette décision, insatisfait du montant du dédommagement obtenu.

Cette fois, la chaîne C8 devra verser 3 800 476 euros à Ardis, sa société de production, et 2 293 657 euros à Téléparis, le prestataire qui assurait le tournage des émissions et dont Thierry Ardisson détient la moitié des parts (49,94 %).

TéléParis percevra en sus 417 587 euros « en conséquence des licenciements opérés à la suite de la rupture brutale des relations d’affaires », selon la décision qu’a pu consulter l’AFP.

En revanche, Thierry Ardisson et les deux sociétés devront pour leur part s’acquitter auprès de C8 de 50 000 euros « en réparation de la violation de la clause de confidentialité ».

Le Monde avec AFP