La chanteuse grecque Angélique Ionatos est morte à 67 ans

Elle s’est produite sur les plus grandes scènes de France. La chanteuse grecque Angélique Ionatos, qui vivant en France depuis plus de quarante ans, est morte, mercredi 8 juillet, à l’âge de 67 ans des suites d’une longue maladie, a annoncé jeudi son fils, Alexis Sévenier. Son dernier album, Reste la lumière, remontait à octobre 2015. La chanteuse avait donné son dernier concert au Triton, un club des Lilas, dans la banlieue de Paris, le 6 avril 2018.

Angélique Ionatos, dont le père était marin, était née à Athènes en 1954. Elle avait quitté son pays avec ses parents, qui avaient fui en 1969 la « dictature des colonels » pour la Belgique, avant de choisir la France. Après la sortie de son premier disque, en 1972, Résurrection, en duo avec son frère Photis, en langue française, elle avait choisi de privilégier le grec dans ses chansons.

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Chant en grec, espagnol, français…

Longtemps, cette interprète et compositrice s’était attachée à défendre, avec sobriété et pureté, mais non sans une certaine théâtralité, des poésies du patrimoine grec, ancien et moderne. Cavafy, Mortayas, Anagnostakis, ou encore Odysseus Elytis, Prix Nobel de littérature en 1979, figuraient à son répertoire. Elle avait exhumé pour un de ses albums des poèmes grecs vieux de 2 500 ans.

Angélique Ionatos s’entourait de musiciens de divers horizons, comme le contrebassiste Claude Tchamitchian, connu dans le monde des musiques improvisées, le bandonéoniste argentin César Stroscio ou le violoniste Michael Nick.

Elle pouvait aussi interpréter en espagnol des poèmes du Chilien Pablo Neruda, des textes du journal intime de la célèbre peintre mexicaine Frida Kahlo, ou s’ouvrir au tango. Elle pouvait chanter également en espagnol et en français.

Si Angélique Ionatos avait choisi très tôt de vivre en France, où elle avait rencontré au début de sa carrière son futur époux, Claude Sévenier – qui fut le directeur du Théâtre de Sartrouville –, elle était restée profondément attachée à son pays d’origine et à sa culture. Ses cendres seront dispersées en Grèce.

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Le Monde avec AFP