« La Chapelle du diable » : des miracles, source d’épouvante

Alice Pagett (Cricket Brown) dans « La Chapelle du diable », d’Evan Spiliotopoulos.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Une petite ville de la Nouvelle-Angleterre est le théâtre de phénomènes étranges : une jeune fille muette retrouve la voix et déclare qu’elle a assisté à une apparition de la Vierge. La ville devient rapidement un sanctuaire alors que le Vatican ainsi qu’un journaliste peu scrupuleux (excellent choix d’antihéros) tentent de découvrir la vérité.

Le film d’Evan Spiliotopoulos (un jeune scénariste qui signe là sa première réalisation) se distingue de la production horrifique actuelle. Il repose sur une idée paradoxale : faire de situations extraordinaires et répertoriées (les apparitions de Lourdes, Fatima ou La Salette) l’envers de leurs significations. Les miracles sont ici une ruse du diable qui tente de perdre ceux qui y alimentent leur foi.

Relevant ainsi d’une habile inversion dialectique, La Chapelle du diable semble redonner un coup de neuf à un genre qu’il nourrit par ailleurs régulièrement d’une rhétorique classique consistant à faire sursauter le spectateur par des moyens habituels dont l’apparition récurrente d’une créature drapée, infernale et mortelle. On peut regretter toutefois une touche de « bondieuserie » finale qui semble contredire tout ce qui s’est déroulé précédemment.

Film américain d’Evan Spiliotopoulos. Avec Jeffrey Dean Morgan, Katie Aselton, William Sadler (1 h 40). www.sonypictures.fr/movie/la-chapelle-du-diable