La citadelle génoise d’Ajaccio s’ouvre au public et à la culture

La citadelle génoise d’Ajaccio.

La citadelle génoise d’Ajaccio, dont la première pierre fut posée en 1492, a été ouverte au public le 4 juillet, à grand renfort de communication, même si son avenir reste pour l’heure une page blanche. L’édifice, érigé sur une superficie de près de 2,5 hectares dans le centre de la première ville de Corse, et demeuré durant plus de cinq siècles sous la férule militaire, est appelé à devenir un « quartier reconnecté au reste de la ville », selon le maire d’Ajaccio (DVD), Laurent Marcangeli.

Le ministère des armées avait cédé la place forte en juin 2019 contre la somme de 1,9 million d’euros, au terme de négociations lancées en 2013 par l’ancienne municipalité du DVG Simon Renucci, sous le gouvernement de François Hollande qui avait fait la promesse de la rétrocession ; mais c’est finalement le premier ministre Edouard Philippe qui a remis symboliquement les clés à la ville, le 4 juillet 2019.

« Nous voulons en faire un ouvrage culturel à long terme, mais pas un musée dont les grilles fermeraient à 18 heures, d’autant que la ville possède déjà son Musée des Beaux-Arts, le Palais Fesch et sa biobliothèque », soulève l’édile qui dit avoir la « certitude » que la gouvernance reste « publique », sans pour autant présenter une vision précise du projet.

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L’opposition municipale nationaliste avait dénoncé les deux projets d’hôtels dans le château génois qui planaient avant la cession. « Cela ne correspondait pas à nos attentes et nous avions dit non à l’époque. Ce que nous voulons, c’est que les Ajacciens se l’approprient », se défend Laurent Marcangeli qui avait lancé alors une concertation publique. Selon la mairie, 600 personnes avaient participé à des ateliers, des réunions ou même de simples visites.

« C’est une citadelle à vocation militaire qui a été conçue comme une punition pour les habitants dont elle s’est toujours défendue », soulève l’historien Antoine-Marie Graziani, associé au projet et qui y a consacré un ouvrage (La Citadelle d’Ajaccio. Imaginer un nouvel espace urbain, Edition Alain Piazzola).

Un chantier de 50 millions d’euros

Si le creuset de la cité s’est construit autour du château génois, la forteresse a été renforcée par Giovan Giacomo Paleari Fratino, dit « il Fratino », un ingénieur fortificateur du souverain espagnol Philippe II, allié de Gênes, dixit l’historien, qui imagina une « architecture bastionnée à la moderne ». Soutenu par la France, le condottiere insulaire Sampiero Corso menait une guerre aux Génois de l’office Saint-Georges, qui maintenaient leur pourvoir sur l’île grâce à ces présides telles qu’Ajaccio. « Sampiero était allé rencontrer Soliman le Magnifique pour qu’il mobilise sa flotte dans l’île et faisait courir le bruit que les 150 galères de l’empereur ottoman allaient y déferler », souligne M. Graziani.

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