La contraception gratuite étendue aux femmes jusqu’à leurs 25 ans, « une bonne nouvelle »

La pilule comme d’autres méthodes contraceptives seront désormais gratuite pour les femmes jusqu’à 25 ans.

Une bonne surprise. L’annonce par Olivier Véran, jeudi 9 septembre sur France 2, d’étendre la gratuité de la contraception, réservée jusqu’à présent aux mineures, aux femmes jusqu’à leurs 25 ans, a été largement saluée par les professionnels de santé et les associations de défense des droits des femmes. Le coût de la mesure, qui figurera dans le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), a été estimé à 21 millions d’euros annuels, a détaillé le ministre de la santé. Trois millions de femmes âgées de 18 à 25 ans pourraient potentiellement en bénéficier.

Lire aussi Contraception gratuite jusqu’à 25 ans : « Ce qui est important, c’est que les femmes aient le choix »

Olivier Véran a justifié la décision par le « recul de la contraception chez un certain nombre de jeunes femmes », en premier lieu en raison de son coût.

« Nous saluons l’annonce, qui est une surprise totale », réagit Marianne Niosi, directrice de la Confédération du planning familial. Dans les permanences de l’association, « on reçoit des femmes dans une situation de précarité telle que la consultation et la contraception peuvent représenter une charge trop lourde », confirme-t-elle.

Même satisfaction au Conseil national de l’ordre des sages-femmes. « Nous avions défendu en vain cette mesure lors des débats précédant le dernier PLFSS, en s’appuyant sur le fait que le coût de la contraception est un frein pour certaines femmes, notamment les plus jeunes », se réjouit Isabelle Derrendinger, la secrétaire générale. Selon une étude de La Mutuelle des étudiants de 2019, 52 % des étudiantes n’avaient pas bénéficié de suivi gynécologique dans l’année par manque de moyens, et 12 % n’en avaient aucun entre 20 et 23 ans, pour les mêmes motifs, rappelle la professionnelle.

« Créer un climat de confiance »

Lors des consultations du docteur Quentin Berl, gynécologue obstétricien à Toulon, la question financière se pose régulièrement : « J’ai encore eu une patiente, ce matin, à qui sa contraception ne convenait pas, il fallait en changer, raconte-t-il. Mais la pilule que je lui recommandais représentait plus de 10 euros par mois, et elle ne pouvait pas. On sous-estime ce que représentent 10 euros pour beaucoup de personnes… »

Le moment de l’accès à la contraception n’est pas non plus anodin dans le parcours d’une jeune femme, tient-il à rappeler. « C’est un premier contact important avec l’univers de la gynécologie. Il s’agit de créer un climat de confiance pour qu’elle revienne sans crainte, alors que parfois le gynécologue est associé aux violences obstétricales, mais c’est surtout le moment de discuter de tout, de véhiculer un maximum d’informations sur les maladies sexuellement transmissibles, sur le dépistage, ou de pouvoir être un référent médical en cas de violences. »

Il vous reste 54.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.