La COP26 et le changement climatique en cinq podcasts

LA LISTE DE LA MATINALE

Durant la COP26 à Glasgow (Ecosse), le 4 novembre 2021.

La conférence annuelle de l’ONU sur le climat, la COP 26, se tient à Glasgow, en Ecosse, jusqu’au 12 novembre. Aujourd’hui, un « rallye numérique pour la justice climatique » est organisé sous la houlette de la Suédoise Greta Thunberg et de l’Ougandaise Vanessa Nakate. Nombre d’initiatives médiatiques accompagnent cette riche actualité autour du devenir de la Terre. Et les podcasts ne sont pas en reste.

« Alors que le réchauffement climatique bouleverse déjà nos vies, va-t-on enfin agir ? »

Mathieu Vidard pose la question en forme d’injonction agacée dans une émission de « La Terre au Carré », sur France Inter (en partenariat avec L’Obs). Le climat change, les effets en sont déjà bien réels, mais comment passer de la prise de conscience à l’action politique ? Trois invités sont interrogés : Amy Dahan, historienne des sciences, spécialiste des négociations climatiques ; Magali Reghezza-Zitt, géographe, spécialiste de l’environnement et des villes ; et Rémi Noyon, journaliste à L’Obs, qui a coordonné le numéro spécial de l’hebdomadaire paru à la veille de la COP26.

La première se désole que les engagements pris lors de la COP21 en décembre 2015, qui déboucha sur l’accord de Paris, soient restés quasiment lettre morte, et se projette sur la COP26 qui se déroule actuellement : « Je pense qu’on va réexaminer les promesses des uns et des autres, certaines très vagues, souvent très littéraires, peu quantitatives, avec des objectifs à long terme impressionnants mais sans qu’on sache comment on allait les atteindre. » La deuxième dit « ne pas s’attendre à des miracles » et met en garde contre la tentation de « faire peser sur les COP ce qu’elles ne peuvent pas faire », à savoir la mise en œuvre concrète d’actions, qui relèvent des Etats et des parties prenantes. « Même si les engagements actuels étaient tenus, on irait vers + 16 % d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, alors qu’il faudrait les réduire de 45 % ! » Elle pointe du doigt la persistance de « deux discours qui se veulent positifs : à chaque problème une solution ; et les hommes s’en sont toujours sortis ».

Rémi Noyon y voit comme un tabou, paradoxal : « On laisse entendre qu’on va pouvoir y arriver, alors qu’on est dans une phase déjà critique, que résume la formule : “gérer l’inévitable et éviter l’ingérable” ». Magali Reghezza-Zitt assume cette apparente contradiction. « On a pour la première fois la capacité de prévoir, d’agir et non plus seulement de subir, veut croire la géographe. On va très doucement, c’est vrai, mais ça bouge, dans l’urbanisme, le bâtiment, parce qu’on n’a plus le choix : à terme, les activités économiques elles-mêmes sont menacées, ce sont des milliers d’emplois qui vont disparaître, des entreprises qui vont s’effondrer, qui vont fermer. » Reste à passer de la parole aux actes… « Arrêtez de parler pour dire toujours les mêmes choses, lance une auditrice de « La Terre au Carré » à destination des organisateurs et intervenants de la COP. Nous, on attend des résultats qui parleront d’eux-mêmes. » Pascal Galinier

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