La Cour des comptes alerte sur l’augmentation des arrêts maladie des fonctionnaires

Les absences pour congé maladie ont augmenté dans la fonction publique, alerte la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi 9 septembre. La juridiction financière presse donc les employeurs publics de mettre des mesures en œuvre pour inverser la tendance.

Comme dans le privé, mais plus que dans le privé. Dans l’ensemble de la fonction publique, les arrêts de travail pour maladie ont connu entre 2014 et 2019 « une croissance régulière et soutenue », constate la Cour. Le nombre de jours a progressé de 21 %, passant en moyenne par agent de dix jours en 2014 à douze en 2019. C’est notamment le cas dans les collectivités locales. Sur une semaine donnée, 4,9 % des agents ont été absents au moins un jour pour raison de santé en 2016. En 2019, la part était de 5,2 %. Dans le privé, on est passé de 4,3 % à 4,4 %.

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Les arrêts ont un coût, précise la Cour des comptes : selon le mode calcul retenu, cela représente entre 11,1 milliards d’euros et 11,9 milliards d’euros par an (sans compter les sommes engagées pour organiser le remplacement). En outre, les arrêts de travail pour maladie de courte durée « peuvent perturber de façon importante la vie quotidienne des services publics, en altérant parfois significativement la qualité du service rendu aux usagers », rappelle-t-elle. Et ce n’est pas indifférent dans la manière dont les citoyens jugent l’administration. « Ces arrêts, ajoute la Cour, soulèvent également d’importantes questions en matière de prévention des risques et de désinsertion professionnelle. »

La Cour conseille de frapper au portefeuille

La Cour demande donc « des actions résolues ». En particulier pour ce qui concerne les arrêts de courte durée. « La multiplication, prévient-elle, d’arrêts maladie de courte durée dans un service public peut être le signal d’un dysfonctionnement général qui doit appeler la vigilance des gestionnaires. »

Elle conseille de frapper au portefeuille, estimant que la possibilité pour les employeurs publics de moduler certaines indemnités en fonction des absences doit être activée lorsque la fréquence des arrêts maladie est trop élevée ou le motif de pure convenance. De même, la Cour conseille également davantage de contrôles des arrêts, lesquels sont aujourd’hui « peu nombreux ». Au passage, elle rappelle que le jour de carence, rétabli en 2018 après quatre ans d’abrogation, permet de diminuer le nombre des arrêts de courte durée. Mais, pour ce qui est de l’ensemble des absences pour raison de santé, elle reconnaît que les études statistiques disponibles « peinent à faire émerger un consensus sur l’efficacité du jour de carence ».

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