« La course à la consolidation est lancée dans l’aérien low cost »

Un avion de la compagnie aérienne low-cost hongroise Wizz Air et des avions de la société britannique EasyJet, à l’aéroport de Berlin-Brandebourg, en Allemagne, le 24 août 2020.

Le monde de l’aérien est propice aux acrobaties, aux drames et aux surprises. Les drames sont périodiques et quasi existentiels. Les attentats du 11 septembre 2001 à New York ont fait douter de l’avenir d’un mode de transport aussi vulnérable. La pandémie mondiale de 2020 a mis à genoux le secteur, dans un contexte de mobilisation climatique peu favorable, laissant penser que l’essor de l’aviation touchait à sa fin. Pourtant, à chaque fois, comme dans les meetings de notre enfance, le voltigeur ressort des nuages plus étincelant que jamais.

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C’est ce qui semble se dessiner en cette fin d’année 2021, du moins pour certains. « Cette crise est la plus grosse opportunité d’expansion que j’ai vue depuis trente-cinq ans », fanfaronne même Michael O’Leary, le patron de Ryanair. Sa compagnie low cost est sortie rapidement de la crise. Sa capitalisation boursière, de 17 milliards d’euros, représente quatre fois celle de Lufthansa et sept fois celle d’Air France-KLM. Pourtant, ce n’est pas de lui que vient la surprise du moment, mais d’un acrobate encore plus audacieux, venu de Hongrie.

Quand le gouvernement Hongrois a chassé Jozsef Varadi, en 2003, de la tête de la compagnie nationale Malev, il n’a pas pris la décision la plus avisée de son existence. Un an après, l’ambitieux lançait la compagnie Wizz Air avec l’apport de capitaux américains. Dix ans plus tard, Malev était liquidée et la compagnie de Varadi devenait le champion du low cost dans toute l’Europe centrale.

Offre de rachat rejetée

En ce mois de septembre 2021, la société a carrément tenté de racheter EasyJet, numéro deux européen derrière Ryanair. La compagnie britannique a vivement rejeté l’offre, mais s’est empressée d’annoncer, jeudi 9 septembre, la levée de plus de 1 milliard de livres en Bourse pour « profiter des opportunités stratégiques ».

La course est lancée, mais ce ne sera pas pour tout le monde. Les généreuses subventions publiques qui ont empêché Air France-KLM et Lufthansa de sombrer leur interdisent de participer à la moindre consolidation européenne. Et les contraignent parfois à céder des créneaux sur leurs aéroports. Voilà pourquoi Wizz Air se sent pousser des ailes. Son retour à meilleure fortune est plus rapide que ses concurrents, les analystes prévoient qu’il pourrait dépasser son niveau d’activité de 2019 dès la fin de cette année. Résultat, sa capitalisation boursière dépasse les 5,8 milliards d’euros, soit 2 milliards de plus que son aîné EasyJet.

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