La crise des semi-conducteurs affecte moins les flottes d’entreprise que les constructeurs automobiles

L'équipementier français Novares, dont les composants plastiques équipent un véhicule sur trois dans le monde, réclame plusieurs dizaines de millions d'euros de dommages et intérêts à ses clients constructeurs automobiles pour compenser l'impact des arrêts répétés de leurs usines liés à la pénurie de puces, le 8 septembre.

Des usines en chômage technique, des plannings sans visibilité et un manque à produire de plusieurs millions de véhicules… Une minuscule puce électronique vous manque et toute la production automobile est arrêtée. Toutefois, si la crise des semi-conducteurs a un impact sur les ventes de voitures, elle ne semble pas freiner les achats opérés par les entreprises. En septembre, la part des flottes dans les ventes d’automobiles est montée à 56,6 % des immatriculations en France.

Quant au recul des ventes, celui-ci est moins prononcé du côté des entreprises. En excluant de toute comparaison les statistiques de ventes atones de l’année 2020, on constate que, entre 2019 et 2021, le marché automobile marque un recul sur neuf mois de – 20,3 %, quand le seul marché des entreprises affiche une baisse de seulement 7,8 %. Comme le relève l’observatoire AMO, « fin septembre, avec 600 930 immatriculations sur neuf mois, il ne manquait que 51 216 unités au marché entreprises pour que celui-ci retrouve son niveau de 2019 ».

Redémarrage de l’activité

Du côté des flottes d’entreprise en effet, l’activité a redémarré et les investissements en moyens roulants se poursuivent. C’est notamment le cas des PME-PMI pour lesquelles la vague de faillites attendue dans la foulée du confinement et de la crise sanitaire ne s’est pas produite. Comme le signale son PDG, Stéphane Crasnier, « le loueur Alphabet ne s’est jamais aussi bien porté que cette année. En termes de prises de commandes de véhicules neufs, nous réalisons notre meilleure année, et nous enregistrons également une année record dans le domaine de la revente de véhicules d’occasion. Comme à son habitude, la location longue durée s’accorde bien avec la crise et ses effets collatéraux liés à la pénurie de voitures neuves ».

Cette pénurie de composants électroniques a un impact sur les constructeurs en termes d’allongement des délais de livraison et sur leurs distributeurs, qui ne peuvent pas livrer leur clientèle. « Pour nos clients, explique Stéphane Crasnier, cela se traduit par des reports de commandes de véhicules neufs. Pour répondre à leur attente, nous faisons donc appel à notre offre de location de moyenne durée, et nous mettons en avant nos solutions d’autopartage. »
Jérôme Conrad, président de LeasePlan France, enregistre la même situation. « Au regard de notre portefeuille clients, nous avons réalisé un premier semestre record. Durant cette période, la location longue durée s’est affirmée comme un produit résilient, souple et flexible, pouvant s’adapter aux besoins de nos clients. Et pour répondre à ces besoins, nous lancerons en 2022 une offre de location de moyenne durée de voitures pour des périodes allant de un à vingt-quatre mois. »

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