« La crise du parti Les Républicains est profonde. Elle remonte à loin »

Les partis sont mortels. Ce qui arrive aujourd’hui aux Républicains (LR) – les déchirements autour de la liste conduite par Renaud Muselier en Provence-Alpes-Côtes d’Azur (PACA), les propos de Guillaume Peltier, le vice-président délégué du parti, affichant sa proximité avec le Rassemblement national (RN), augurent mal de l’avenir.

Le président de LR, Christian Jacob, a beau mettre en avant les 70 000 adhérents que compterait encore le mouvement, dénombrer le nombre d’élus locaux qui résistent dans les territoires, quelque chose de profondément vermoulu ronge ce qu’il reste de l’ancienne formation chiraquienne.

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Longtemps présentées par ses dirigeants comme une étape cruciale de reconquête en vue de la présidentielle de 2022, les élections régionales des 20 et 27 juin ressemblent à un terrain miné : non seulement le parti est écartelé entre son aile modérée et les partisans du rapprochement avec le RN mais dans deux régions phares, la droite est défiée par des transfuges passés du côté de Marine Le Pen.

Réplique du psychodrame des régionales de 1998

Ancien secrétaire général de l’UMP, ex-collaborateur de Christine Lagarde, Sébastien Chenu mène la liste RN dans les Hauts-de-France. Figure du mouvement La droite populaire au sein de l’UMP, Thierry Mariani défie Renaud Muselier en PACA. Dans cette campagne où les électeurs LR ne savent plus très bien où ils habitent, les deux hommes jouent les rabatteurs sur l’air de « n’ayez pas peur, essayez-nous ».

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La crise de la droite est profonde. Elle remonte à loin. Ce qui se passe aujourd’hui est la réplique du psychodrame qui s’était noué il y a vingt-trois ans déjà, lors des élections régionales de mars 1998. Cinq candidats de droite avaient alors accepté les voix du Front national (FN) pour se faire élire présidents de région : Charles Millon en Rhône-Alpes, Jean-Pierre Soisson en Bourgogne, Charles Baur en Picardie, Bernard Harang dans le Centre, Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon.

Leur caractéristique : ils sont tous UDF, tendance libérale, ce qui épargne à l’époque un peu le RPR où, de Philippe Séguin à Nicolas Sarkozy, l’état-major s’est fortement mobilisé pour circonscrire l’incendie. Jacques Chirac, alors président de la République, a lui aussi bataillé ferme : « Lorsqu’on a des convictions républicaines, ce qui est mon cas, et ce qui est le cas, heureusement, d’une très grande majorité de Français, eh bien il ne faut pas transiger. Il ne faut pas accepter de se compromettre », a-t-il insisté.

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