La danseuse Sae Eun Park nommée au rang d’étoile de l’Opéra de Paris

La danseuse Sae Eun Park, en septembre 2019, à Paris.

Sur les réseaux sociaux, les compliments se bousculent pour saluer la nomination, jeudi 10 juin, de la danseuse Sae Eun Park au rang d’étoile de l’Opéra national de Paris. « Ma si belle Sae Eun, tu sais combien j’aime ta danse et ta personne. Hier soir, encore une fois, tu as brillé dans ta magnifique prise de rôle, et cette fois-ci, ton éclat a été récompensé d’un titre à la mesure de ton travail et de ton talent », déclare l’étoile Léonore Baulac sur Instagram. « Un grand bravo à la magnifique Sae Eun Park, nouvelle danseuse étoile », s’enthousiasme l’étoile Paul Marque, son partenaire dans le ballet Roméo et Juliette, chorégraphié par Rudolf Noureev, à l’affiche de l’Opéra Bastille.

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C’est dans cette œuvre marathon complexe d’une durée de trois heures que l’artiste a été nommée par Alexander Neef, directeur de l’institution, sur proposition d’Aurélie Dupont, directrice de la danse. Lors de cette première représentation de Roméo et Juliette, jeudi soir, Sae Eun Park et Paul Marque ont remplacé le couple Léonore Baulac et Germain Louvet, blessé. « Ça a été une très belle surprise, confie Sae Eun Park. Il y a toujours une attente de cette nomination mais on ne sait jamais quand ça arrivera et si d’ailleurs ça arrivera un jour. C’était inattendu d’être distribuée lors de la première. Mais avec Paul Marque, nous nous étions très préparés. J’avais vraiment envie “d’y aller”. »

Un parcours singulier

Née à Séoul (Corée du Sud) en 1989, Sae Eun Park affiche un parcours singulier. Elle prend ses premiers cours à l’Académie nationale de ballet de Corée, décroche à partir de 2006 de nombreuses médailles dans des concours dont celui de Jackson (Etats-Unis), de Pékin (Chine), de Lausanne (Suisse). Elle intègre l’American Ballet II, à New York, où elle se distingue dans le répertoire de George Balanchine et Jerome Robbins, puis retourne dans son pays pour y danser dans la compagnie nationale.

En 2011, elle passe le concours externe pour entrer dans le corps de ballet de l’Opéra national de Paris et le réussit. « En Corée, mon école enseignait la méthode russe Vaganova et il y a beaucoup de différences avec l’Opéra de Paris dans la technique des pieds, des bras, la musicalité…, précise-t-elle. J’ai beaucoup travaillé, regardé des vidéos pour m’adapter au style de l’école française tout en gardant ma personnalité. J’adore apprendre. C’est une caractéristique de ma culture. »

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Depuis, Sae Eun Park a grimpé les échelons de la hiérarchie. Elle a illuminé, entre autres, la pièce Quatuor n° 4, de Bela Bartok, chorégraphié par Anne Teresa De Keersmaeker, à l’affiche en 2015, au Palais Garnier. Technicienne aiguisée, tempérament retenu mais vibrant, elle est nommée première danseuse en 2017. Aussi performante dans les grands ballets classiques, de Giselle à Raymonda, que dans des pièces contemporaines de Marco Goecke par exemple, elle aime particulièrement les drames comme Onéguine, de John Cranko. Sae Eun Park interprétera de nouveau le rôle de Juliette, « un personnage à l’opposé de ce que je suis », avec Paul Marque, dans Roméo et Juliette, les mercredi 16, samedi 19 et mercredi 23 juin, à l’Opéra Bastille.