La déco délicate de Charlotte de Tonnac et d’Hugo Sauzay

Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay, à la tête de l’agence d’architecture d’intérieur Festen.

Avec son architecture radicale réchauffée d’appliques en céramique, de meubles en cuir fauve vintage, et ses chambres blanches décorées d’œuvres abstraites, Les Roches Rouges, à Saint-Raphaël, figure parmi les hôtels les plus désirables de l’époque. L’établissement est sans doute aussi le meilleur ambassadeur du travail d’Hugo Sauzay et Charlotte de Tonnac, le couple qui magnifie depuis dix ans des lieux existants en leur offrant une saveur et un usage contemporains.

A la tête de l’agence d’architecture d’intérieur Festen – qu’ils ont fondée en 2011 dès leur sortie de l’école Camondo –, les deux trentenaires s’inscrivent dans une nouvelle façon d’appréhender la création, plus modeste, plus contextuelle, qui s’appuie sur des codes anciens qu’ils maîtrisent et twistent avec délicatesse. « Les projets que l’on préfère sont ceux où l’on a pris le temps de comprendre l’essence d’un bâtiment, d’une époque, d’un quartier… », disent-ils.

« Si nous utilisons souvent des matières premières locales et que nous épargnons ce qui mérite d’être préservé, ce n’est pas par snobisme ou passéisme mais plutôt par bon sens paysan. » Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay

Ce travail de contextualisation leur permet de conserver l’existant, une démarche essentielle à l’heure de l’épuisement des ressources et de la remise en question de l’empreinte carbone liée à la construction : « Si nous utilisons souvent des matières premières locales et que nous épargnons ce qui mérite d’être préservé, ce n’est pas par snobisme ou passéisme mais plutôt par bon sens paysan. » Un travail dans l’esprit du wabi-sabi japonais où l’imperfection, qui fait partie de l’histoire du lieu, est intégrée dans le projet.

Cette démarche sensible attire depuis les débuts de l’agence les clients les plus exigeants. Thierry Gillier (fondateur de Zadig & Voltaire) leur a, par exemple, confié la réalisation de l’Hôtel Château Voltaire, imaginé comme une grande demeure bourgeoise de 32 chambres en plein cœur de Paris, en lieu et place des anciens bureaux de l’enseigne de mode.

Et s’ils ont aussi signé à Portofino le Splendido Mare, du groupe hôtelier Belmond, leur adoubement vient de l’autre côté de l’Atlantique. Plus exactement de Mexico, avec la rénovation actuelle d’un bâtiment ancien, richement décoré de moulures, avec cinq mètres de hauteur sous plafond, pour le très pointu groupe américano-mexicain Habita.