La douce folie de la chanteuse Poupie

L’artiste Poupie, à Paris, en avril 2021.

Elle a l’air un peu perchée, comme ça, Poupie. La jeune femme aux longs cheveux roux a collé sur ses ongles des petits nounours à qui elle a donné des prénoms. Dans son premier album, sorti en septembre, Enfant Roi, la chanteuse de pop urbaine, qui est en tournée dans toute la France jusqu’en mars 2022, l’affirme clairement : « Je marche la tête à l’envers. » Son disque, d’ailleurs, elle le trouve « aussi éclaté musicalement que [son] cerveau : un peu trap, un peu reggae, un peu pop ».

Rencontrée dans un café parisien, à côté de La Cigale, où elle jouera à guichets fermés le 23 novembre, elle en rajoute dans le personnage : « Je vis sur une autre planète, j’ai peu d’expérience dans le vrai monde. Il n’y a que les relations humaines qui me connectent à lui, mais sinon, là, par exemple, je suis avec vous, mais je suis aussi ailleurs. »

Etrange artiste que cette Poupie, que beaucoup de téléspectateurs ont découverte dans la huitième saison du télé-crochet de TF1 « The Voice » en 2019. Histoire d’entretenir encore plus le mystère, elle ne donne pas son âge : « Ça dépend des jours, s’amuse celle qui a également rappé sur l’album de Ben Mazué Paradis, sorti en 2000. Aujourd’hui, je suis plutôt mature, je dirais 23 ans. Hier, j’avais 13-15 ans. »

Son prénom de naissance est vraiment Poupie. En revanche, elle ne veut pas révéler son nom de famille, pour protéger ses parents, tous deux chefs d’entreprise spécialisés dans la restructuration de sociétés. Aînée d’une famille de sept enfants, la chanteuse a passé sa jeunesse dans plusieurs villes françaises, dont Strasbourg et Lyon, où elle a donné son premier concert, organisé par ses sœurs dans la cave d’un bar. C’est la première fois qu’elle a compris qu’elle pouvait gagner de l’argent avec la musique.

Etudes de management

Car il ne faut pas se fier à son air évaporé, Poupie a des préoccupations bien matérielles, comme en témoigne son dernier clip pour le titre Dollar :

« Le thème de l’argent revient souvent dans mes textes, reconnaît-elle, car cela revient souvent dans la vie. J’ai la tête dans les nuages, mais bien les pieds sur terre. Mon père était chef d’une entreprise de renommée internationale, ma mère en dirigeait une autre, mais, surtout, elle gérait une famille de sept enfants. C’est une sacrée organisation, et beaucoup de management. Je ne suis pas matérialiste, mais j’aime avoir de l’argent pour ne jamais être frustrée. »

Elle a appris à jouer du piano sur celui que son père avait offert à sa mère. Avec l’argent de son premier concert, elle s’est acheté un clavier avec lequel elle s’est mise à composer, puis s’est lancée dans des études de management, qu’elle a terminées en Angleterre en 2018, pour s’envoler pour à destination des îles Canaries et Madrid, où elle a vécu un an, le temps de participer à l’émission « X Factor » et de s’imprégner de musiques latinas.

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