La fin du chômage partiel en Europe, un danger pour le marché du travail

Appelons-le John. Il travaille pour la compagnie aérienne britannique à bas coût easyJet, est installé au Royaume-Uni et, depuis le début de la pandémie de Covid-19, en mars 2020, estime n’avoir travaillé qu’une vingtaine de jours au total. Il a conservé son emploi uniquement grâce au chômage partiel, qui lui garantit 80 % de son salaire. Mais à partir de la fin du mois de septembre, le gouvernement britannique va mettre fin à ce généreux système. « On est tous extrêmement inquiets. La fin du chômage partiel signifie soit des licenciements, soit des réductions de salaires drastiques », explique-t-il.

A Ryanair, Laszlo Marothy, 35 ans, membre du personnel de cabine, partage cette inquiétude. Lui, fort de plus d’une décennie d’expérience, n’a plus que deux jours de chômage partiel par mois en moyenne, grâce à la reprise progressive du trafic aérien. Sa compagne, qui exerce le même métier mais est plus jeune, en a encore six à sept par mois.

« Dans certains petits aéroports, comme Leeds ou Bournemouth, qui ont moins de vols, le nombre de jours de chômage partiel est encore plus élevé », souligne ce délégué du syndicat Unite. Le cap de septembre l’inquiète au plus haut point, particulièrement si une quatrième vague pandémique se matérialise. La compagnie irlandaise Ryanair affirme être en train de « mettre fin » à son utilisation du chômage partiel, mais prévient que le retour de « restrictions inutiles » entre les frontières pourrait changer la donne.

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Le cas de ces deux entreprises illustre un basculement à l’œuvre partout à travers l’Europe : les gouvernements commencent à supprimer ou à réduire l’accès au chômage partiel. Le Royaume-Uni est le cas le plus extrême. Le système n’existait pas avant le déclenchement de la crise sanitaire et il doit être entièrement supprimé fin septembre.

Ailleurs sur le continent, les conditions d’accès se durcissent. En France, depuis le 1er juillet, les salariés au chômage partiel touchent 72 % de leur salaire net, contre 84 % auparavant (les secteurs les plus touchés conservent une couverture à 84 % jusqu’à la fin du mois d’août). En Allemagne, à compter du 30 septembre, l’Etat n’assurera plus que la moitié du remboursement des charges sociales dues par l’employeur, contre la totalité actuellement. En Espagne, la suite à donner aux « ERTE », le système de chômage partiel, fait débat : la ministre de l’économie, Nadia Calviño, appelle à « encadrer la sortie du régime extraordinaire d’ERTE, qui a servi à répondre à la crise ».

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