La France buissonnière : les quatre sœurs et les mille grenouilles

Chantal et Jocelyne Dufour pendant le vide-grenier de Mayet (Sarthe), le 22 août 2021.

A la mort de leur mère, en mars 2020, Françoise, Nicole, Chantal et Jocelyne Dufour ont hérité de 1 200 grenouilles. En plastique, porcelaine, peluche, terre cuite ou verre soufflé, cette armée amphibienne toute de vert parée dormirait encore dans un carton si les quatre sœurs n’avaient pas décidé de la disperser, en hommage à leur maman. D’une brocante à l’autre, elles écoulent, depuis, leur collection de batraciens, avec un certain succès : il ne leur restait que 200 individus, fin août, après le vide-grenier de Mayet (Sarthe), organisé par l’association Rillettes joyeuses.

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Ancienne agricultrice, Paulette Dufour collectionnait les rainettes et les crapauds comme d’autres collectionnent les étiquettes de camembert ou les capsules de champagne. Tout avait démarré il y a une quarantaine d’années. « Une connaissance lui avait offert une grenouille, sans raison particulière. Elle s’était alors prise au jeu et s’était mise à en acheter de son côté », se souvient Jocelyne, 63 ans. « Tous les membres de la famille ont ensuite commencé à lui en offrir. C’était d’ailleurs assez pratique comme cadeau », raconte Chantal, 68 ans.

Quadrupèdes envahissants

Dans sa maison de Saint-Marc-du-Cor (Loir-et-Cher), les quadrupèdes avaient fini par devenir envahissants. « Quand on venait manger le dimanche, il fallait en déménager une partie, car cela débordait de partout », n’ont pas oublié les deux sœurs, affectées à la liquidation du stock de bibelots.

Epatant stock au demeurant, fait de cendriers, de tirelires, de thermomètres, de tasses, de vide-poches, de boîtes à bijoux, de porte-savon, de doudous, sans oublier les décorations murales qui coassent dès que l’on passe devant. On n’a pas idée de ce que Kermit et ses amies sont capables de faire pour orner une étagère : du ski, de l’auto-stop, de la randonnée, de l’escalade… Des câlins, aussi, bien sûr.

« Pas mal de gens nous en achètent pour les accrocher chez eux. Il paraît qu’une grenouille dans une maison, cela porte bonheur », glissent Jocelyne et Chantal.

Sur les brocantes de Trôo et La Ville-aux-Clercs, dans le Loir-et-Cher, de Montbazon, Savigné-sur-Lathan et Villiers-au-Bouin, en Indre-et-Loire, où les sœurs Dufour ont étalé leur marchandise ces derniers mois, les herpétophiles – nom donné aux collectionneurs d’amphibiens – n’ont jamais été à pareille fête. « Pas mal de gens nous en achètent également pour les accrocher chez eux. Il paraît qu’une grenouille dans une maison, cela porte bonheur », glissent Jocelyne et Chantal.

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