La France rend hommage à Jean-Paul Belmondo aux Invalides

Un hommage national a été rendu jeudi 9 septembre dans la cour des Invalides, à Paris, à la mémoire du comédien Jean-Paul Belmondo.

La France rend un hommage national à Jean-Paul Belmondo, légende du cinéma, dont la mort, à 88 ans, suscite une grande émotion. Cette cérémonie, à la fois solennelle et populaire, a débuté, jeudi 9 septembre, à 16 h 30, dans la cour des Invalides où le président de la République, Emmanuel Macron, a prononcé un éloge funèbre.

« Nous aimons Belmondo parce qu’il nous ressemblait », a notamment déclaré le chef de l’Etat. Il « épousa la France », a-t-il résumé. « Cher Jean-Paul, vous perdre, c’est perdre une part de nos vies. » « Adieu Bébel », a-t-il conclu devant le cercueil du défunt.

Dans la cour des Invalides, étaient présents la famille de l’acteur, rassemblée autour du cercueil du « patriarche », des responsables politiques, des sportifs et des admirateurs. Près de 1 000 personnes ont pu assister à l’hommage, munies de leur passe sanitaire. Pour ceux qui n’ont pas pu entrer, des écrans géants ont été installés sur l’esplanade des Invalides.

Un fan de Jean-Paul Belmondo brandit un drapeau bleu-blanc-rouge en hommage à

Notre journaliste du service culture, Cédric Pietralunga, est sur place :

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Les portes des Invalides devaient s’ouvrir ensuite à tous ceux qui veulent se recueillir devant le cercueil, à partir de 19 h 30. Un dispositif exceptionnel qui avait déjà été mis en place après le décès de Jacques Chirac, en 2019, permettant à des milliers de personnes de dire adieu à l’ancien président.

« Une page se tourne »

Jeudi, en fin de matinée, une vingtaine de personnes patientaient déjà devant l’entrée des Invalides, gardée par plusieurs policiers. Brigitte Ratou, retraitée de 66 ans, est venue du Mans. « Je suis arrivée ce matin à 7 heures. C’est important pour moi d’être là, c’est comme dire au revoir à un vieux compagnon, quelqu’un qui était là dès mon adolescence », dit-elle à l’Agence France-Presse (AFP).

Les obsèques de Jean-Paul Belmondo se dérouleront vendredi matin en l’église Saint-Germain-des-Prés dans l’intimité de la famille, selon les consignes de son fils, Paul Belmondo.

80 films

Figure de proue de la Nouvelle Vague (A bout de souffle, Pierrot le fou), avant de devenir champion du box-office dans des comédies et des films d’action, il a enchanté des générations de Français au fil de quelque 80 films, cinéphiles ou amateurs de cascades spectaculaires.

Belmondo était le dernier des acteurs de la « bande du Conservatoire », des élèves frondeurs du Conservatoire des années 1950 qui ont disparu tour à tour ces quatre dernières années : Jean Rochefort, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, Jean-Pierre Mocky, Guy Bedos.

L’acteur avait disparu du grand écran depuis près de quinze ans, après un accident vasculaire cérébral (AVC) qui lui avait laissé des séquelles, mais il était toujours aussi populaire auprès du public grâce à la rediffusion de ses films, et la presse people qui donnait régulièrement de ses nouvelles. « Il ne s’est jamais plaint de cet AVC », a souligné Antoine Duléry.

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« Un trésor national », avait loué le chef de l’Etat en début de semaine. « Il était celui qui remportait haut la main la palme du public ». Mercredi soir, près de 4,2 millions de téléspectateurs ont regardé Le Professionnel sur France 2. Même succès lundi soir, où plus de 6,5 millions de personnes ont regardé l’un de ses films proposés par les chaînes.

La mort de « Bébel » marque la fin d’une époque du cinéma français triomphant, électrisé à la fois par l’audace de la Nouvelle Vague et par des stars attirant des millions de fans en salles.

Le Monde avec AFP