La France rétrogradée au troisième rang mondial des producteurs de vin

Lors des vendanges à Pomerol (Gironde), le 27 septembre 2021.

Gel, mildiou, sécheresse : le cocktail météorologique de l’année 2020 aura été difficile à avaler pour les viticulteurs français. Dans les pressoirs, le jus de raisin a coulé avec parcimonie. Après des vendanges plutôt tardives, l’heure est au premier bilan. Selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la France perdrait sa traditionnelle deuxième place et serait rétrogradée au troisième rang mondial des producteurs de vin.

Dans un bilan de la production mondiale publié jeudi 4 novembre, l’OIV estime la collecte dans l’Hexagone à 34,2 millions d’hectolitres, ce qui représente un plongeon de 27 % par rapport au niveau de 2020. Même si ses concurrents traditionnels – l’Italie et l’Espagne – ont également subi quelques aléas climatiques, la note est, pour eux, beaucoup moins salée. Avec ses 44,5 millions d’hectolitres (un volume en retrait de 9 %), l’Italie garde sa couronne de leader mondial. Quant à l’Espagne, elle a vu son flux de vendanges se réduire de 14 %, mais, avec un total de 35 millions de tonnes, elle grille la politesse à la France.

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En Europe, certains pays ont connu meilleure fortune. Ainsi, la Roumanie, la Hongrie, l’Allemagne et le Portugal ont bénéficié de conditions de culture plus favorables et affichent des progressions de volume. Il n’empêche, quand le trio de tête mondial engrange des vendanges maigrelettes, c’est l’ensemble de la production mondiale de vin qui trinque. D’après l’OIV, en 2021, elle devrait être extrêmement faible, à un niveau proche de celui, historiquement bas, de 2017. L’estimation moyenne est de 250 millions d’hectolitres, en repli de 4 % par rapport à 2020.

Dans l’hémisphère Sud, l’heure est à la satisfaction

Pourtant, hors de l’Union européenne, des vignobles ont bénéficié de cieux plus cléments. Aux Etats-Unis, malgré des épisodes de sécheresse, les volumes progressent de 6 %, à 24,3 millions d’hectolitres, après une année 2020 marquée par des incendies ravageurs en Californie. Dans l’hémisphère Sud également, l’heure est à la satisfaction : le Chili, l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Australie ont fait le plein dans leurs cuves à vin. Cette zone géographique affiche une production record de 59 millions d’hectolitres, en forte hausse de 19 %.

Les exportations de champagne, bordeaux, bourgogne et autres rosés de Provence sont à nouveau florissantes

Naturellement, ces estimations diffusées par l’OIV évoquent les volumes de production, et non la valeur. Si la France s’inscrit donc habituellement à la deuxième place du classement mondial derrière l’Italie, elle décroche la première place en termes de valorisation de ces vins. Un statut qu’elle devrait conserver, même si elle est rétrogradée en 2021 en matière de volume, d’autant que les exportations de champagne, bordeaux, bourgogne et autres rosés de Provence sont à nouveau florissantes après le trou d’air de la crise due au Covid-19. Les viticulteurs français croisent les doigts. Tout dépendra de 2022. Il ne faut absolument pas que Dame Nature leur joue à nouveau un mauvais tour. Vivre sur ses réserves a des limites, les vignerons le savent bien.