La France vend trois frégates de défense à la Grèce, deux semaines après la crise des sous-marins avec l’Australie

Ce n’est pas le « contrat du siècle », comme celui des douze sous-marins australiens finalement annulé par Canberra jeudi 16 septembre, mais le programme va redonner du baume au cœur au constructeur français Naval Group. Emmanuel Macron et le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, ont annoncé, mardi 28 septembre, un renforcement important de la coopération stratégique entre Paris et Athènes, alors que la Grèce se sent de plus en plus menacée par la présence de la Turquie en Méditerranée orientale.

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Cette coopération passe notamment par l’acquisition de trois frégates de défense et d’intervention Belharra, construite sur les chantiers de Naval Group à Lorient (Morbihan), ainsi qu’une option pour une frégate supplémentaire, pour un montant qui n’a pas été communiqué lors de la rencontre entre les deux dirigeants. La Grèce paiera environ 3 milliards d’euros pour l’acquisition des trois premières frégates françaises, a indiqué mardi l’agence Reuters, citant une source gouvernementale grecque. A Athènes, la presse évoquait une somme de 5 milliards d’euros.

Plusieurs industriels européens étaient en lice pour ce contrat : l’italien Fincantieri, l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems, le néerlandais Damen. Mais aussi l’américain Lockheed Martin, qui reste engagé dans le contrat australien pour la fourniture du système d’armement pour les sous-marins.

Accord « dirigé contre personne », mais…

Ce programme est un « témoignage de confiance et de démonstration de la qualité de l’offre française », a déclaré le président de la République, à l’Elysée, mardi, après la signature du contrat. Plus largement, M. Macron a souligné que le « partenariat stratégique de coopération en matière de défense et de sécurité (…) contribue à la sécurité européenne, au renforcement de l’autonomie stratégique et de la souveraineté de l’Europe, et ainsi à la paix et à la sécurité internationale ».

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Ce partenariat n’est « dirigé contre personne », a-t-il souligné. Reste qu’en septembre 2020, la France avait été très présente aux côtés de la Grèce, avec l’envoi d’un bâtiment de la marine nationale, quand la marine turque conduisait des manœuvres d’intimidation au large des côtes de Chypre, une zone renfermant d’importantes réserves de gaz. Depuis, cette coopération militaire s’est renforcée avec la Grèce, qui a décidé un effort financier important pour assurer sa sécurité.

En janvier, la Grèce avait acheté 18 avions de combat Rafale (12 d’occasion et 6 neufs) pour 2,5 milliards d’euros, auxquels elle a annoncé mi-septembre qu’elle ajouterait 6 appareils, remplissant un peu plus le carnet de commandes de l’usine de Dassault à Mérignac (Gironde). L’industrie de défense française cherche à rebondir après l’annulation d’un contrat de sous-marins d’un montant de plus de 8 milliards pour Naval Group, au profit des industriels américains et britanniques.

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