La fresque dite « des paons », coup d’éclat de la Samaritaine

La fresque dite « des paons » a bénéficié de quatre années de travail de l’Atelier Bouvier, pour retrouver son éclat d’origine.

Ce soir-là, dans les journaux télévisés des grandes chaînes, des clients éplorés témoignaient, des syndicalistes enrageaient, des vendeurs peinaient à réprimer leurs sanglots. Le 15 juin 2005, l’annonce de la fermeture pour des motifs de sécurité de la Samaritaine, le grand magasin qui domine le Pont-Neuf, à Paris, avait résonné dans les médias. Ce, jusqu’à l’oreillette d’Yves Calvi qui consacrait une heure d’antenne, dans l’émission « C dans l’air », sur France 5, à cet événement, glissant à ses invités les questions des téléspectateurs reçues « par Minitel »…

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Seize ans plus tard, la réouverture du vaisseau, à l’ère des réseaux sociaux, ne devrait pas être moins retentissante : finalement programmée le 23 juin, l’inauguration devrait symboliser la reprise de vigueur de la capitale française après des mois d’apathie pandémique. Que verra-t-on exactement dans la « Samaritaine Paris Pont-Neuf », cet immense temple de la consommation ressuscité qui s’étend sur 20 000 mètres carrés ?

Premier grand magasin de Paris

Difficile à dire. LVMH, son propriétaire depuis 2001, soucieux de maximiser l’effet de surprise, préfère garder, jusqu’aux dernières heures, un voile de mystère. Le groupe de Bernard Arnault précise que s’y trouveront « un grand magasin, un palace Cheval blanc, 96 logements sociaux, une crèche et des bureaux ».

Autre certitude, on y retrouvera la grande fresque dite « des paons ». Ce chef-d’œuvre Art nouveau, installé sous la verrière, est attribué à Francis Jourdain, le fils de Frantz Jourdain, l’architecte de la Samaritaine. La fresque incarne à elle seule l’image esthétique que nourrit l’édifice auprès du grand public. « Elle fait partie de ces éléments patrimoniaux d’origine que l’on tenait absolument à préserver », raconte Christian Reyne, architecte chargé de l’immobilier chez LVMH.

La création de la fresque remonte à 1907. A l’époque, la Samaritaine a déjà des décennies d’histoire derrière elle. Fondée en 1870, l’adresse a su peu à peu allécher la clientèle – notamment féminine – avec des marchandises désirables de tous types et sans cesse renouvelées. Et a fini par doubler le Bon Marché, le Printemps, mais aussi les Grands Magasins du Louvre, A la Belle Jardinière ou Aux Trois Quartiers, tous ces concurrents nés avant elle, entre les années 1820 et 1860, et dont beaucoup seront des sources d’inspiration pour les pages de Pot-Bouille (1882) ou d’Au bonheur des dames (1883) d’Emile Zola… En 1907, voilà la Samaritaine capable de s’imposer comme le premier grand magasin de Paris.

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