La hausse des prix risque de gripper la reprise

Faut-il y voir un signal d’alarme sur la reprise ? En cette fin d’octobre, alors même que la menace du Covid-19 semble s’être éloignée et que le chômage poursuit sa décrue, le moral des Français est en berne. L’indice de confiance sur la situation économique, calculé tous les mois par l’Insee a reculé de deux points (sur une base de 100) pour repasser au-dessous de sa moyenne de longue période. Ce repli s’explique essentiellement par l’inquiétude suscitée par la hausse des prix à la consommation, qui ont augmenté de 2,6 % sur les douze derniers mois, selon les chiffres publiés vendredi 29 octobre par l’Insee, soit la plus forte hausse depuis octobre 2008, souligne Aurélien Daubaire, chef du département des prix à la consommation à l’Insee. A eux seuls, les prix de l’énergie enregistrent une hausse de 20,1 % en un an.

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« L’enquête mensuelle d’octobre sur la confiance des ménages témoigne d’une perception de l’inflation très en hausse, qui dépasse du coup nettement les niveaux de 2018. A l’inverse, les craintes concernant le chômage sont basses », confirme Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee. Et encore, soulignent les économistes, le niveau de l’inflation en France reste-t-il relativement contenu, notamment par rapport à l’Allemagne, où elle a atteint 4,5 % en octobre, ou 5,5 % en Espagne, contre 3,4 % en moyenne en septembre dans la zone euro. Aux Etats-Unis, la hausse des prix est tout aussi significative (5,3 % en octobre).

Cette flambée des prix à la consommation, alimentée partout dans le monde par ceux de l’énergie – ils représentent à eux seuls la moitié de la hausse en France – fait peser une hypothèque sur la reprise, en fragilisant la consommation. C’est là l’un des paradoxes de cette crise inédite. Malgré la récession historique de 2020, le pouvoir d’achat, en effet, a été préservé par les mesures de soutien budgétaires, mais aussi car l’essence ou le fioul ont plongé pendant la pandémie. « La baisse du prix de ces produits a contribué à la hausse du pouvoir d’achat de 0,41 point de revenu réel », rappelle l’institut Rexecode dans une note publiée mardi 26 octobre. « Entre 2019 et 2022, en cumulant les baisses intervenues en 2020 et les hausses de 2021, l’évolution des prix des l’énergie aura amputé les revenus des ménages d’un point », précise Denis Ferrand, directeur général de Rexecode.

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Quid des entreprises ?

Dans cet impact cumulé, l’électricité et le gaz pèse pour les quatre cinquièmes et le pétrole pour le reste. Dans la mesure où la consommation représente 55 % du PIB, ce coup de canif dans le porte-monnaie des ménages pourrait avoir un impact sur l’activité économique.

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