La liste des fruits et légumes qui devront être vendus sans emballage plastique en 2022 dévoilée par le gouvernement

Des bananes vendues sous film plastique dans le sud de Londres, en janvier 2018.

Les lots de pommes ou les poivrons vendus emballés dans du plastique disparaîtront bientôt des rayons des supermarchés. Le gouvernement a dévoilé lundi 11 octobre la liste des produits concernés dès le 1er janvier 2022 par cette mesure, prévue dans la loi antigaspillage pour une économie circulaire. Le décret devrait paraître mardi, selon le Journal du dimanche (JDD).

Dès 2022 seront concernés :

  • les poireaux, courgettes, aubergines, poivrons, concombres, tomates rondes, choux, choux-fleurs, courges, panais, radis, topinambours, légumes racines, pommes de terre, carottes, oignons et navets primeurs (pour ces quatre derniers légumes, ceux qui sont récoltés avant leur pleine maturité seront concernés ultérieurement) ;
  • les pommes, poires, bananes, oranges, clémentines, kiwis, mandarines, citrons, pamplemousses, prunes, melons, ananas, mangues, fruits de la passion, kakis (sauf fruits mur à point).

Le décret prévoit cependant des exceptions. Les fruits conditionnés par lots de plus de 1,5 kg pourront ainsi continuer à être vendus sous emballage plastique, précise le site du ministère de la transition écologique, comme les « fruits et légumes présentant un risque important de détérioration lors de leur vente en vrac ». Selon Le JDD, le décret prévoit des délais allant de 2023 à 2026 pour ces derniers. C’est le cas, par exemple pour les pêches et abricots, les légumes « primeurs », c’est-à-dire récoltés au printemps, avant leur pleine maturité, les fruits mûrs à point, ou encore les fruits rouges, qui seront les derniers concernés.

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En cas de non-respect de cette obligation, les sanctions pourront aller jusqu’à 15 000 euros d’amende et une astreinte journalière de 1 500 euros, ajoute le JDD. Le ministère assure cependant que les acteurs du secteur auront un délai de six mois pour écouler leurs stocks d’emballage. Environ 37 % des fruits et légumes sont aujourd’hui vendus emballés en France, et 45,5 % de la consommation de matières plastiques sert à fabriquer des emballages, selon la fondation Heinrich Boll.

L’objectif d’encourager la vente en vrac

Cette interdiction s’inscrit dans le cadre de l’objectif français et européen d’éliminer les plastiques à usage unique. Elle « devrait permettre d’éviter plus d’un milliard d’emballages en plastique inutiles chaque année », espère le gouvernement. Les sacs plastiques sont déjà interdits depuis 2016 en caisse, et depuis 2017 dans les rayons des magasins, et plusieurs objets ne peuvent plus être proposés à la vente : la vaisselle jetable, par exemple, ainsi que les cotons-tiges en plastique ou les pailles.

Avec la fin des emballages plastiques pour les fruits et légumes, le gouvernement espère aussi encourager le développement de la vente en vrac. La loi « climat et résilience » fixe ainsi l’objectif de 20 % de la surface de vente consacrée au vrac d’ici à 2030 pour les commerces de plus de 400 m2.

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La mesure ne met toutefois pas fin aux emballages des fruits et légumes. Quelle que soit sa forme, l’emballage sert aussi à conserver des produits fragiles, comme les fruits rouges, ou à s’assurer que des produits bios n’entrent pas en contact avec des produits issus de l’agriculture conventionnelle, qui pourraient les « contaminer » avec des produits de nettoyage ou des traitements phytosanitaires. Il permet aussi d’apposer des étiquettes sur les produits, attestant par exemple l’origine du produit ou un label spécifique.

Trouver d’autres solutions

Les professionnels, distributeurs et opérateurs, travaillent ainsi depuis plusieurs mois à chercher des solutions pour remplacer le plastique, rapporte le magazine Libre Service Actualités (LSA), consacré à l’actualité du commerce, de la grande distribution et de la consommation. Parmi ces options : le bois ou le carton. Le développement de ces solutions est coûteux, affirment les industriels, qui citent cet argument parmi ceux qui justifient, selon eux, une hausse des prix de vente des produits dans les supermarchés cette année.

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En septembre 2020, le Conseil national de l’alimentation avait publié un avis sur la fin des emballages plastiques, dans lequel il soulignait que cette mesure nécessiterait de « revoir en profondeur certains modes d’organisation, de production et de distribution ». La filière devrait ainsi réfléchir à « la mise en place de nouvelles chaînes de conditionnement », à « la séparation des fruits et légumes bios en stockage et en rayon », au « développement de la vente assistée dans la grande distribution », ou encore à « l’adaptation des modalités d’information du consommateur et de traçabilité ».

Le gouvernement précise lundi que les acteurs « peuvent se rapprocher de l’Ademe [Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie] afin de bénéficier de soutiens dans le déploiement de solutions alternatives ».

Le Monde