La location meublée, touristique ou non, suscite des rêves de rentier

Pas encore millionnaire et rentier ? C’est pourtant si simple, à croire les vidéos publicitaires qui pullulent sur Internet dans cette époque de salaires stagnants et de débat anxiogène sur les futures retraites. D’après elles, il suffit de se lancer dans l’immobilier et de louer des appartements meublés quelques jours à des touristes, quelques mois à des étudiants, mais rarement plus d’un an.

« La location en courte durée est un générateur puissant de cash-flow », soutient ainsi Sébastien More, alias « Le Sous Loueur », qui propose formations, master-classes et logiciels issus de son expérience. Il est possible d’« investir en partant de rien », selon Christopher Wangen, qui se dit propriétaire de quarante appartements, s’adresse aux « futurs rentiers » et vante sa réussite dans des mises en scènes soignées, au volant d’une voiture de luxe, sortant d’une piscine à Bali ou depuis le Grand Canyon. On peut aussi suivre la « méthode des investisseurs rentables » que propose Yann Darwin ou écouter Loïc Cardin haranguer ses troupes depuis Dubaï. Dans une de ses vidéos, il déniche deux collègues, investisseurs comme lui, en train de clapoter dans la piscine de l’hôtel, et les interviewe illico sur « les recettes de la réussite », en toute humilité…

« Secrets » et « formules magiques »

C’est du même paradis fiscal que Michael Ferrari adresse des messages sur son blog, dont le nom « Esprit riche » rivalise avec d’autres baptisés « Esprit millionnaire », « Rentier à temps plein » (RATP), « Mon capital immo » ou « Le stratège immobilier »… Tous partagent un lexique précis : ils parlent de « cash-flow » – mais ne prononcent pratiquement jamais le mot « argent » – livrent des « astuces », des « secrets », des « formules magiques » et les « clefs » d’une « stratégie » pour « booster la rentabilité » et viser « la liberté financière », Graal du rentier ainsi affranchi du salariat.

« J’ai vite compris qu’avec un salaire, on ne paie que les factures et que pour avoir plus, il faut se constituer un patrimoine immobilier qui rapporte », explique Alex Ferreira, ancien carrossier, « portugais, arrivé en France dans les années 1990 sans parler français, avec un bac moins 5 en poche », sourit-il, aujourd’hui à la tête d’un patrimoine patiemment constitué, en vingt ans, de « plusieurs millions d’euros » d’appartements franciliens, loués meublés.

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