La lutte entre l’application entre Yuka et l’industrie de la charcuterie se poursuit

Depuis début janvier 2021, trois procédures ont été lancées contre l’entreprise Yuka.

Pour soutenir l’application nutritionnelle Yuka dans son bras de fer avec l’industrie charcutière, les consommateurs mettent la main à la poche. Et le compteur de la cagnotte continue de tourner. « Nous avons récolté 340 000 euros de la part de 18 000 participants. Nous savions qu’il y avait des gens qui voulaient nous soutenir, mais nous ne nous attendions pas à une réponse d’une telle ampleur », explique Julie Chapon, co-fondatrice de l’application à la carotte, qui note les produits alimentaires en fonction de leur composition.

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Yuka a lancé un appel à l’aide début octobre, après avoir été, par trois fois, condamnée. Depuis début janvier 2021, trois procédures ont été lancées contre l’entreprise. L’une émanant de la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT), le bras armé de cette filière, les autres assignations étant le fait de deux sociétés, Le Mont de la Coste et ABC Industrie, contrôlées par Antoine d’Espous, vice-président de la FICT. Au cœur du conflit, la présence de sels nitrités dans la charcuterie, jugés nécessaires par les industriels pour assurer la maîtrise du risque de botulisme et d’autres bactéries pathogènes.

Frais d’avocats et d’huissiers

Les trois tribunaux de commerce saisis ont tranché en faveur des industriels de la charcuterie. Ils ont exigé que Yuka supprime sur son application le lien vers une pétition demandant l’interdiction des nitrites dans les jambons et saucissons. Ils ont aussi demandé de retirer dans la description des nitrites l’avis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classant les nitrites et les nitrates ingérés comme « cancérigènes probables ». Le terme « génotoxique » a du aussi être retiré. Enfin, Yuka s’est vu condamner à des sanctions pécuniaires. Au total, elle aura versé 95 000 euros d’ici à fin octobre. « Avec les frais d’avocats et d’huissiers, il nous en coûte 223 000 euros », estime Mme Chapon. L’entreprise a fait appel des condamnations.

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« Tous les pays autorisent l’usage des nitrates et des nitrites, sauf l’Iran. Il est même obligatoire en Allemagne. L’autorité de santé européenne a estimé qu’il n’y avait pas de danger en dessous de 150 mg de nitrites par kilo. Et une procédure est en cours pour faire évoluer la réglementation préconisant une légère diminution du seuil. La question est autant sanitaire que juridique pour les entreprises concernant leur responsabilité à l’égard de leurs clients », argumente Bernard Vallat, président de la FICT, qui se dit prêt à dialoguer avec les applications, dont Yuka.

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