La mode peut-elle se voir en peinture ?

« The Stolen Jacket », de Karyn Lyons.

Oui. Définitivement. La preuve avec Karyn Lyons qui expose à New York, où elle vit et travaille. Elle a peint des jeunes femmes aux cheveux soyeux et au teint frais, qui portent des Adidas, des Converse, des pulls Lacoste et mangent des corn flakes de Kellogg’s.

Diplômée de journalisme et des Beaux-Arts de Boston, elle a été directrice artistique dans la mode et a travaillé comme peintre dans le studio de Jeff Koons. Ses huiles sur vélin donnent – plus qu’un défilé – envie de s’habiller. De porter du vert sapin, un pantalon d’homme, une veste avec des badges, un ruban fin dans les cheveux, un gros gilet, des chaussettes côtelées dans ses baskets en toile.

« The Ski Instructor », de Karyn Lyons.

Mélancoliques et modernes, ses tableaux aux couleurs lumineuses placent les vêtements au cœur d’un quotidien qu’ils parviennent à transcender avec une grâce infinie. Les regarder apaise et réjouit. Est-ce la performance technique ? Ce photoréalisme qui toujours bluffe et intrigue ? Comme chez Lucas Price qui a peint la dernière campagne Carhartt… Est-ce de voir des marques et des logos devenir un sujet académique ? Ou est-ce le simple fait de porter un regard attentif et tendre sur ce que les gens revêtent, la palette qu’ils choisissent, les formes qui leur vont ?

Le Goût de M

Le peintre Egon Schiele (1890-1918) savait déjà nous attirer avec la couleur d’un manteau. Et en nous séduisant ainsi, il nous faisait aimer le manteau, l’homme qui le portait et le tableau qui saisissait l’instant.

Karyn Lyons, Under the Spell, à la Turn Gallery à New York. turngallerynyc.com instagram : @karynlyons