La mort de Michel Laclotte, ancien président du Grand Louvre

Michel Laclotte, à Paris, en février 2014.

Il a été la cheville ouvrière de la création du Musée d’Orsay puis du Grand Louvre, dont il fut le premier président, mais aussi, à ses débuts, du regroupement de la collection Campana au Petit Palais d’Avignon. Michel Laclotte est mort, à Montauban (Tarn-et-Garonne), mercredi 11 août. Il était âgé de 91 ans.

Né le 27 octobre 1929, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Michel Laclotte tente, sans succès – il s’avouait « très mauvais en latin » – le concours de l’Ecole des chartes, avant de réussir celui de l’Ecole du Louvre. Pour financer ses études, confia-t-il dans un entretien à Louvr’boîte, journal des élèves de ladite école, il guidait les visiteurs du musée, avant d’y trouver un petit emploi à la documentation. En 1955, il soutient une thèse sur les œuvres toscanes des XIVe et XVe siècles conservées dans les musées de province.

Cette connaissance intime des territoires, il la doit en grande partie à sa première mission d’importance, que lui confia Jean Vergnet-Ruiz, responsable de l’inspection générale des musées. Dans les premières décennies de l’après-guerre, l’ensemble des musées de France est profondément restructuré, leurs collections inventoriées, classées, restaurées le cas échéant et leur présentation modernisée. Il y contribue avec d’autres nouveaux diplômés.

Intérêt pour l’art contemporain

C’est à cette occasion que le jeune spécialiste des primitifs et de la Renaissance italienne (il était devenu proche du grand historien Roberto Longhi et entretenait une correspondance avec Bernard Berenson et Federico Zeri) s’active à rassembler les œuvres de la collection Campana, acquises en 1861 par Napoléon III et réparties au petit bonheur dans des musées de province. Il la regroupe au Musée du Petit Palais, à Avignon, qui inaugure ainsi, en 1976, le plus grand ensemble de peintures italiennes en dehors du Louvre.

Auparavant, en 1966, Michel Laclotte a été nommé, directement par André Malraux, alors ministre de la culture, responsable du département des peintures du Musée du Louvre, avec pour mission de le réorganiser entièrement. Les tableaux, se souvenait-il dans son entretien à Louvr’boîte, étaient présentés dans des décors tentant de restituer les intérieurs de l’époque qui les avait vus naître, soit un goût pour le pastiche qui lui semblait suranné. Il décida de les accrocher sur des murs nus, revêtus de couleurs sobres ou neutres. La plus présente étant un rouge élaboré par le peintre Pierre Soulages, qui devint un ami.

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