« La parité, priorité oubliée de la réforme de la haute fonction publique »

Dans aucune des annonces sur les orientations de la réforme de la haute fonction publique, et pas davantage dans l’ordonnance du 2 juin, n’a été évoquée l’égalité femmes-hommes comme un facteur de modernisation de la fonction publique, ni la nécessité aujourd’hui du partage de la gouvernance des administrations entre les deux sexes.

Nombreuses sont les femmes hautes fonctionnaires qui ne comprennent pas que le sujet ne soit pas érigé au rang des principes mêmes de la réforme, alors que notre pays sort d’une grave crise qui a favorisé le retour en force des stéréotypes de « l’ancien monde » et parce qu’il s’agit, ainsi que le président de la République l’a indiqué, de reconstruire de la proximité, de la prise de responsabilité et de l’association des parties prenantes

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La parité aurait pu être affichée comme une priorité de cette réforme de la haute fonction publique, et même comme une condition de réussite. Car l’ambition de l’égalité femmes-hommes dans la haute fonction publique devrait être d’abord comprise comme un puissant levier de transformation. Et non pas seulement comme un élément relevant de la gestion des ressources humaines.

« Une image des hauts fonctionnaires conforme à la population passe par la diversité, mais aussi et surtout, par l’égalité entre les femmes et les hommes »

Comment peut-on transformer profondément la haute fonction publique, faire apparaître à quel point sa qualité est capitale pour notre pays sans exiger, dès aujourd’hui, une mixité réelle au plus haut niveau de l’exécutif et dans les rangs des cadres supérieurs, et prouver ainsi que l’on mobilise toutes les compétences pour y parvenir ?

Comment l’Etat peut-il demander plus de mobilité aux hauts fonctionnaires, mobilité qui est nécessaire, et ne pas, en même temps, annoncer que sera désormais pris en compte l’environnement sociétal qui pèse sur les femmes et qui les a, jusque-là, largement dissuadées de candidater en nombre plus important aux plus hauts concours administratifs et aux plus hautes fonctions ? Car, contrairement à ce que font les grandes entreprises comme la Banque de France et la Caisse des dépôts, rien n’existe à ce stade au sein de l’Etat pour l’accompagnement des cadres supérieurs.

Des avancées partielles

Une image des hauts fonctionnaires conforme à la population passe, certes, par la diversité, principe qui, lui, a été affiché par les autorités politiques, mais aussi et surtout par l’égalité entre les femmes et les hommes que l’Etat n’arrive décidément pas à atteindre depuis tant d’années et malgré quelques avancées partielles, comme le tout récent rapport du Haut Conseil pour l’égalité le rappelle.

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