La patronne du FMI accusée d’avoir favorisé la Chine dans un classement

Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, à Paris, le 18 mai 2021.

Plusieurs anciens dirigeants de la Banque mondiale, dont l’actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Georgieva, ont fait pression sur leurs équipes pour manipuler les données d’un classement annuel et céder ainsi à la pression de la Chine, selon un audit commandé par l’institution basée à Washington et publié jeudi 15 septembre.

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Le cabinet d’avocats WilmerHale a épluché quelque 80 000 documents et recueilli les témoignages d’une quarantaine d’employés pour parvenir à ces conclusions, contestées par Mme Georgieva, et qui ont conduit la Banque mondiale à annoncer dans la foulée l’arrêt de la publication de son rapport « Doing Business ». Ce classement, très suivi par les investisseurs, mesurait le climat des affaires en combinant des critères plus ou moins subjectifs comme le coût d’un permis de construire ou le nombre de jours requis pour créer une entreprise.

Gonfler la performance

Selon l’enquête menée par le cabinet WilmerHale, la Chine a fait savoir, dès le mois de mai 2017, à plusieurs hauts responsables de la Banque mondiale que son classement – la plaçant au 78e rang – ne prenait pas suffisamment en compte ses réformes économiques. Au même moment, c’est-à-dire entre mi-2017 et juin 2018, l’institution se trouvait dans une situation délicate. Elle devait mener des « négociations sensibles sur l’augmentation de son capital », peut-on lire dans le rapport d’audit, alors qu’un « acteur-clé », que l’on devine être les Etats-Unis dirigés par Donald Trump, voulait se désengager de l’institution financière, obligeant les autres actionnaires à augmenter leurs contributions. La Chine est le troisième actionnaire de la Banque mondiale, derrière les Etats-Unis et le Japon.

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Au fil des mois, alors que le nouveau classement était attendu pour le 31 octobre 2017, la pression n’a cessé de monter sur l’institution. Lorsque le cabinet du président de la Banque mondiale Jim Yong Kim apprend, le 11 octobre, que la Chine est sur le point de perdre 7 places au classement, un conseiller s’inquiète qu’elle ne « s’en sorte pas bien » auprès d’un responsable du département des études et de la recherche et lui demande de réfléchir à une solution. Quelques jours plus tard, une première piste est envisagée : intégrer les données de Hongkong et Macao à celles de la Chine pour gonfler sa performance.

Pour ne pas fausser l’ensemble du classement, ce sont finalement trois indicateurs de la Chine qui sont légèrement améliorés pour que celle-ci conserve son rang

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