« La période qui s’annonce pour les lieux culturels notamment musicaux est l’occasion de réinventer notre engagement »

Tribune. La réouverture des lieux de culture est une joie pour tout le monde : public, artistes, programmateurs de salle… Ce vent d’allégresse et de liberté, qui met fin à une trop longue absence, rappelle si besoin est que la culture est essentielle. Et bien vivante. C’est une des leçons que nous retiendrons de la crise sanitaire. Plus que jamais, elle nous permet de trouver du sens, de la cohésion, de dessiner des horizons meilleurs.

La France n’a pas d’équivalent en termes d’offre culturelle. Partout s’exposent la vitalité et la diversité de notre scène artistique. Ce bouillonnement masque néanmoins l’équilibre fragile de certaines structures, que la crise économique risque encore d’aggraver. Face à cela, le secteur culturel tout comme les décideurs publics doivent donner un nouveau cap. Notamment dans le domaine de la musique.

Longtemps, les structures musicales ont pensé leur action autour d’un projet artistique auquel s’ajoutaient, à la marge, quelques actions éducatives. Ce modèle a vécu. Dans un environnement toujours plus complexe, il nous faut nous réinventer. La musique, le « 4e art », a tous les atouts pour relever ce défi.

Art et transmission indissociables

Il va de soi que l’artistique doit rester au cœur du projet, guidé par deux maîtres mots, l’exigence et l’audace. Elles seules permettent de retrouver la vérité première d’une œuvre, d’explorer et d’enrichir le répertoire joué, de nourrir la création musicale. Sur scène, elles guident les créateurs. Leur approche innovante multiplie les regards sur la musique et les publics. Comme le chercheur, l’artiste est un défricheur : il avance, parfois dans le brouillard, mais il avance.

Autour de l’artistique, trois axes majeurs doivent rayonner : l’éducation, la transmission et l’inclusion.

Aujourd’hui, art et transmission sont indissociables pour l’artiste. Il n’y a pas de projet global sans cette constellation essentielle. Les enfants, les jeunes, les seniors, les étudiants, les amateurs, les primo-arrivants, les publics éloignés… nombreux sont ceux que les structures doivent toucher, en particulier celles soutenues par la puissance publique. Ce sont des enjeux incontournables.

Archives : Musique classique : la pandémie « met en péril l’ensemble de notre profession »

Cet engagement, nous le devons aussi et surtout à ceux qui ne franchissent jamais le seuil de nos salles. Il faut aller vers eux : dans les territoires, dans les zones périurbaines, partout où c’est possible.

Mais il faut aussi les amener à nous. Les grandes salles sont là : la Philharmonie de Paris, la Seine musicale, l’Auditorium de Radio France, l’Auditorium de Bordeaux, celui de Lyon, l’Arsenal à Metz, la MC2 de Grenoble… Chacun doit pouvoir découvrir l’œuvre dans des conditions d’écoute exceptionnelles. Donnons-nous les moyens de cette ambition.

Il vous reste 52.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.